Comme le dit dans sa très documentée préface Ivan Jablonka, l’humour, l’autodérision font partie de la culture juive et ne peut être réduite aux tragédies de l’histoire. Un temps pour rire, un temps pour pleurer. On laisse aux lecteur la lecture de cette pertinente préface avant de commencer à lire les histoires gag en une page que Constance Lagrange a consigné dans son recueil qui montre aussi que Dieu chez les Juifs ne se met pas en colère si on se moque de lui. Ce qui est déjà beaucoup. L’humour juif est subtil et a une tradition historique séculaire. L’autrice l’a découpé en cinq chapitres. Tout est loi (Moïse), Tout est amour (Jésus), Tout est argent (Marx), Tout est psy (Freud) et Tout est relatif (Einstein). Autant dire que pour un goy le spectre est large même si il a des bases dues à une partie de la famille. Dernier point et non des moindres, on parle sauf erreur d’humour ashkénaze (Europe) et pas séfarade (Bassin méditerranéen), ce qui fait une différence mais peu importe on rit sainement, en liberté et c’est essentiel en ces temps aux nuages noirs qui s’amoncellent.
Illustrer par des mots ces histoires juives en une page et deux ou quatre cases n’est pas simple. Exemple un homme demande à Dieu, qu’est qu’un million d’années pour toi ? Une seconde répond l’Eternel. Et de continuer : qu’est ce qu’un million de dollars pour toi ? Un centime. L’homme conclue : O mon créateur puis-je avoir un centime. Bien sûr. Dans une seconde. Bon, vous suivez ? Dieu est un malin. Comme ce Juif qui parle avec deux amis. A mon enterrement dis le premier j’aimerai qu’on dise que j’étais un homme juste, généreux. Le second, et moi que j’étais très gentil, droit, bon. Enfin le troisième, j’aimerai que quelqu’un dise il bouge encore. Un dernier pour la route qui pose la question indirectement de l’antisémitisme. Un homme affirme : Tous les problèmes du monde sont causés par les Juifs. Et les cyclistes, ajoute son interlocuteur. Mais pourquoi les cyclistes demande le premier. Pourquoi les Juifs demande le second.
Un humour toujours en demies teintes dont la religion est évidemment un des axes. Il y a une part assez surréaliste parfois, à la Jarry. L’humour sauve et rire de soi est est une force. Enfin rire est parfois ce qui nous reste. Un dessin en noir et blanc à la plume, aux personnages très yiddish, à la rabbi Jacob, il y a tous les héros, moqueurs, avares, on en passe mais attention pas touche aux mères juives. Ce serait péché.
On peut rire de tout (sauf de sa mère), Dargaud, 21,50 €
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