Mangas : de la voie du sabre à la chanteuse de l’au-delà

Une petite incursion dans le domaine très prolifique du manga, qui n’est pas on le répète et on le déplore une spécialité du site. Mais, bon, quand on le peut et qu’on les a lu autant en parler. On ouvre la bal avec un beau pavé, Miyamoto Musashi chez Kana et dans un tout autre domaine sans sabre mais avec de beaux sentiments poétiques le premier opus de La Chanson de Lala de Sui Kohno.

C’est vrai qu’avec les 496 pages de Miyamoto Musashi on en a pour son plaisir. Une biographie romancée qui ressort. La vie d’un sabreur pour qui s’en servir flirtait avec la puissance d’une religion dans la plus pure tradition japonaise. En prime et c’est rare pour un manga on a un one-shot. Signé par le dessin d’une rare puissance de Shôtarô Ishinomori, auteur culte qui a toute sa place dans la collection Sensei, on assiste à un film à grand spectacle. On n’est absolument par perturbé par le dessin qui flirte avec le franco-belge, des ambiances, des paysages sublimes et un rythme effréné. D’où cette attirance instinctive pour ce titre qui raconte l’histoire de Miyamoto Musashi, le plus célèbre des samouraïs. Mais qui n’obtiendra ce nom qu’après bien des aventures. Au départ, Takezô du village Miyamoto, adolescent frondeur, est déjà très bon à l’épée mais avec sa soeur Ogin ils souffrent beaucoup lorsque leur père, un redoutable guerrier aviolent, renvoie sa femme dans son village natal et leur impose une nouvelle mère. Tout bascule au moment où le père décède accidentellement et que la belle mère disparaît laissant les deux adolescents livrés à eux-mêmes. Takezô doit défendre une amie contre des hommes trop entreprenants et les tue. Il n’a d’autre choix que de quitter son village mais quelques années plus tard, il réapparaît sous le nom de Miyamoto Musashi. Tout comme son père, il est devenu un guerrier, mais un ronin, un samouraï sans maître, qui s’applique chaque jour à progresser dans la « Voie du Sabre », une philosophie, une sagesse, le cheminement de toute une vie et qui ne doit pas s’éteindre avec lui. On ne lâche pas ce bouquin même si on est un profane, aucun temps mort. Sensei, 19,90 €

Un peu de douceur et de fantastique avec La Chanson de Lala T1 de Sui Kohno publié au Renard Doré dont les choix sont toujours de très bon niveau. Lala doit revenir une chanteuse mais pas comme les autres. Elle fait partie du clan de la mémoire. Son but est de  recueillir les souvenirs des humains décédés et de les accompagner vers l’au-delà au travers de rituels chantés. Jeune descendante de ce clan, Lala devra bientôt endosser le rôle de chanteuse, comme le fait déjà sa sœur Aridela. Seulement, la jeune fille se révèle bien curieuse et remet en question les règles strictes des siens, qui interdisent notamment tout lien avec les êtres humains. Alors qu’elle s’émancipe petit à petit du carcan ancestral, elle en apprend plus sur le clan des Kalm et sur la vérité qui entoure la mort. On se doute bien que la charmante Lala qui a du caractère risque d’avoir des soucis. On parle de mort mais aussi de poésie dans une culture loin de la nôtre beaucoup plus sectaire dans ce domaine. Là aussi le dessin est d’une belle finesse, travaillé avec des ombres, une lumière maîtrisée. Il y aura quatre tomes pour que Lala puisse accomplir son destin dans un thriller qui étonne et séduit. 228 pages, 9,90 €

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