Rencontre avec Gabriel Germain pour Lune et l’autre

Gabriel Germain a sorti chez Casterman un ouvrage qui a du charme. Dans Lune et l’autre il part, et nous avec, sur le chemin de trois personnages en quête d’un destin qu’ils veulent refaçonner. Risa la prostituée, Hana l’orpheline et Shin’ichiro pourront-ils retrouver le bonheur et accepter leur passé ? Un voyage subtil et intelligent, poétique sur fond d’influence japonisante volontaire avec la participation d’Olivier Bocquet. Gabriel Germain a répondu aux questions de Ligne Claire.

Lune et l'autreVous avez fait un choix bien précis avec l’univers dans lequel se passe Lune et l’autre ?
C’est mon deuxième album et mon premier scénario. Au départ je voulais adapter un roman japonais. Je suis nourri de culture japonaise et c’est la base de ce projet. D’où ma volonté d’adapter mon dessin à l’environnement. J’ai grandi avec les dessins animés japonais puis ensuite avec le cinéma et la littérature de ce pays dont Huraki Murakami.

C’est une histoire de rédemption et de deuil pour les trois personnages ?
Oui. La jeune prostituée s’enfuit, retrouve son enfance. La petite fille va assumer le deuil familial. Le jeune homme est confronté à un amour perdu.

Vous mélangez réalisme et fantastique dans cette quête en forme parfois de road-movie ?
Il y a des moments de dédoublements des personnages. C’est vrai que j’ai écrit un scénario réaliste fantastique contemporain. Je suis dans l’esprit de Gabriel Garcia Marquez. On est dans la réalité et un élément fantastique arrive pour aider à replacer la situation sur les rails. L’action va et vient pour se rematérialiser sur du pur réalisme.

Gabriel GermainVos personnages ont besoin les uns des autres ?
En fait ils fonctionnent en couples et doivent se réunir pour aller bien. Au départ je savais qu’il y aurait le trio mais ils vont ensuite deux par deux, un peu à tour de rôle. Le jeune homme va aider la jeune femme à faire disparaître toute trace du meurtre de son proxénète. Il y a un esprit qui les accompagne en particulier la petite fille dont la maman est morte. Et puis il y a le destin sous la forme d’un lapin blanc. La balade est à la fois celle de la jeune femme et de la petite fille, de la jeune femme et du jeune homme et puis de l’homme et de la petite fille. On boucle le cercle avec une image de fin très symbolique, une île, une terre qui se détache du sol ? Chacun peut apprécier selon son humeur.

Comment avez-vous travaillé ?
Au crayon et les couleurs à l’ordinateur mais j’avais fait moi même des aplats à l’aquarelle que j’ai scannés et dont je me suis servi.

Et après cette émouvante Lune et l’autre ?
Je reste dans le monde de personnages décalés. J’ai deux idées. La première se passerait dans un chantier de découpe de bateaux au Bangladesh. Autre sujet, la biographie de la première spationaute française qui a marché sur Mars.

Vous êtes un lecteur de BD ?
Je regarde trop le dessin des BD et je peux être déçu. Je préfère que l’on me conseille de lire tel ou tel titre. J’aime par exemple Larcenet, Léo, Bajram, Mézières. J’aime beaucoup l’écriture en BD.

Lune et l’Autre, Casterman, 19 €

Lune et l'autre