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Conan le Cimmérien, Gess adapte le bon ton à Zamboula

Il nous en avait parlé lors de son passage à Montpellier pour la parution d’un autre de ses albums, l’excellent Un Destin de Trouveur. Bess était sur l’adaptation d’un Conan le Cimmérien dans la collection Glénat. L’album vient de sortir et Les Mangeurs d’hommes de Zamboula, titre de l’épisode, ne fait pas dans la dentelle par son sujet très érotisé et violent. Howard a écrit cette nouvelle en 1935 avec des réminiscences très polar prises dans un roman qu’il avait lu. Il va y aller plein pot sans vraiment se soucier, comme le dit Patrice Louinet dans sa postface, de la moindre crédibilité. Son héroïne est nue, se ferait bien un quatre heures avec Conan sur fond de terreur horrifique. Gess a parfaitement suivi le fil de cette intrigue enlevée et tordue à souhait. Son dessin s’est parfaitement adapté au côté anatomique du sujet.

A Zamboula, cité mythique, des enlèvements curieux ont lieu. En particulier si on habite chez Aram Baksh. Rien n’a pu être prouvé mais on a trouvé pas loin de la taverne de Aram des ossements nombreux. Ce qui n’empêche pas Conan d’aller prendre une chambre chez lui. En pleine nuit, un spectre noir l’agresse mais Conan est le plus rapide. C’est un homme noir aux dents affilées qui l’a attaqué. Conan poursuit ses complices et les rattrapent au moment où ils agressent un femme nue. Il la sauve, elle lui tombe dans les bras et lui explique qu’elle s’est faite virer par son fiancé drogué devenu fou. Dans les rues sombres, des guerriers noirs rodent à la recherche de proies. Zabibi demande à Conan à l’aider à le retrouver.

Gess. Photo JLT ®

Jusqu’aux dernières planches, la belle reste nue et a plus d’un tour, non pas dans son sac qu’elle n’a pas, mais dans son cerveau retors. Mais, on se rassure, Conan n’est pas né de la dernière pluie. Tentatrice, manipulatrice ou victime, qui est vraiment Zabibi ? Des personnages plein de fureur comme les cannibales ou Baal-Pteor, des pouvoirs magiques, des cauchemars sanglants, du fantastique, tous les ingrédients sont rassemblés et Gess laisse aller son crayon pour des fresques musclées au bon ton graphique. On ne cherche pas vraiment à comprendre, on suit Conan souriant et à la lame facile. Des hommages dessinés terminent l’album.

Conan le Cimmérien, Les Mangeurs d’hommes de Zamboula, Glénat, 14,95 €

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