Un titre qui a mis trop de temps à venir rejoindre ces pages. Mea culpa. Les héros du peuple sont immortels raconte la cavale de Gilles Bertin. Mais qui était-il ? Il faut se replonger dans une France des années 80, de la Fraction Armée Rouge. Bertin monte un groupe punk composé de squatteurs mais dérape, passe aux actes et sera obligé d’aller prendre l’air ailleurs. Stéphane Oiry fait pour la plupart des lecteurs découvrir à la fois une époque et un homme, un solitaire dans un environnement extrême dont il aura du mal à s’extirper. Bon dessin qui colle à l’histoire et dialogues, le témoignage d’un monde disparu, en aucun cas un exemple.
1990 Lisbonne, un magasin de disques où un type croit reconnaitre le vendeur qui se prétend écossais. Il sait que les flics le recherchent. Bordeaux 1981 des copains sans un rond retapent un appartement. Gille Bertin les rejoint, ils seront sa nouvelle famille. Ils ont monté un groupe de rock. Il y a Le Schné batteur, Punky, benoit le guitariste. Aucune conscience politique pour Bertin mais on lui fait découvrir Ulrike Meinhof, la Fraction Armée Rouge. Le groupe répète chez des amis. Camera Silens est leur nom. L’héroïne rode et ils se piquent. Bertin part se mettre au vert à la campagne avec Didier, un autre copain camé. Une baraque paumée où il va tenter de se désintoxiquer. Vol de voiture, cambriolage pour récupérer la came et retomber. 1982, le groupe tente un concours où il y a Bertrand Cantat. Seconde place et Noirs Désirs devant mais Cantat les quitte. Bertin et ses copains héritent du prix, une semaine sans un manoir studio. Didier se fait arrêter par les Stups. Nathalie l’accroche mais la Police lui tombe dessus. Case prison en 1983.
C’est une vraie galère à ciel ouvert puis fermée par la prison. Bertin va passer par toutes les couleurs des ennuis. Il replonge, vole en bande, cavale, a un gamin, de la petite main qui va vouloir jouer dans la cour des grands arme au poing. Barcelone, Valence, espoir de refaire sa vie. De l’amour aussi mais le Sida est là. Un désespéré qui inspire de la sympathie et beaucoup de morts, de fantômes lui compris.
Les héros du peuple sont immortels, 128 pages, Dargaud, 21,50 €
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