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Nowhere Girl, Help somebody help

Les Beatles en thérapie, au secours d’une jeune pré-adolescente qui fait un blocage, un rejet scolaire, une phobie, c’est ce que raconte Magali Le Huche dans cet album autobiographique. C’est après être entrer en 6e que Magali commence son double parcours, découvrir les quatre garçons dans le vent et avoir un soucis d’adaptation à son nouveau milieu scolaire. Une progression dans les deux cas qui iront jusqu’à un certain paroxysme en ces années 90 où les Beatles sont devenus un mythe et aussi les amis proches de Magali. C’est bien sûr Magali qui signe texte et dessin, devenue auteure sûrement grâce aux plus géniaux musiciens du siècle, jamais égalés.

Une boule au ventre mais bien décidée, Magali rentre au collège. Elle sera cool branchée, ouverte, et à sa meilleure amie Agathe dans sa classe. Elle hérite d’une prof qu’a eu sa sœur, bonne élève, Mlle Grioufolle en Français.En primaire elle a été moyenne. Cette fois elle est motivée, elle sera une bonne élève. Ses parents sont psys, des pros du rétablissement qui aident tous ceux qui ne vont pas très bien dans leurs neurones. On regarde pas mal la TV et le magnétoscope en VHS tourne beaucoup. Très rapidement Magali est dans le collimateur de Grioufolle (une abrutie dangereuse comme savent l’être des profs sous faux prétexte pédagogique) et a du mal à partir de chez elle. C’est une gentille rêveuse Magali qui se raconte ses histoires, a toujours eu besoin d’un modèle, d’un héros, de son père à Jésus, les acteurs divers de ses séries. Et un, jour elle a un flash, elle entend une musique inconnue, celle des Beatles.

On est bien d’accord. Même si Magali évoque en détail l’histoire des Beatles, décortique leurs titres et s’embarquent dans leur sous-marin jaune, Nowhere Girl c’est son histoire, pas une biographie des locataires d’Abbey Road. Les deux comme disait Paul vont très bien ensemble. Mais Magali va souffrir, on le voit, on le lit dans ses pages qui traitent de sa vraie phobie scolaire. Comme quoi même dans un milieu familial qui aurait dû déceler le malaise de la petite fille, on peut passer à côté. Finalement, Beatles obsessionnels, et phobie qui guérira, feront de Magali une artiste. Son trait, ses superbes couleurs inspirées des couvertures d’albums comme Sergeant Pepper ou autres sont superbes, pleines de vie. La touche distinctive donnée à ses cheveux est une belle idée graphique. On a de la peine avec elle, on partage ses peurs et on la voit aussi revivre et trouver son chemin. Un très bel album et un clin d’œil mérité à ces Beatles qui nous ont tant apporté et marqué.

Nowhere Girl, Dargaud, 19,99 €

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