Graines de cheffes, émotion et leçon d’intégration

Au premier abord et après un feuilletage succinct, Graines de cheffes n’avait pas vraiment fait l’unanimité de nos neurones. On croyait y déceler une sorte de manuel de cuisine pour ados en manque de travaux pratiques le week-end voire cet été par jour de pluie. Et puis on s’est finalement plongé dans ces aventures certes culinaires mais surtout qui racontent la quête d’identité d’une jeune coréenne installée aux USA avec des parents très accros à leur propre culture. Cici, du haut de ses douze ans va savoir avec émotion, talent et courage faire face, s’adapter tout en ne reniant rien de son propre passé. Conclusion, un très bon bouquin pour tous que Lily Lamotte et Ann Xu ont porté et qui est avant une leçon d’intégration et d’espoir.

Graines de cheffes

Quand elle apprend que ces parents, chercheurs doués, partent avec elle s’installer aux USA, Cici comprend qu’elle va quitter sa grand-mère chérie, A-Mà. Elle lui a tout appris des saveurs coréennes et elle va préparer avec elle la fête du départ tout en sachant qu’elle ne reverra peut-être pas sa mamy. Cici voudrait que A-Mà ait une carte verte pour les rejoindre. Cici tente de retenir toutes les saveurs et puis c’est Seattle, des parents très occupés, le collège et de nouvelles amies pas vraiment en phase avec la cuisine coréenne. Cici voudrait bien adopter les habitudes de ses copines mais ses parents font obstacle. On ne dort pas chez des gens comme ça sans les connaître. Ou alors la mère reste. Cici décide qu’elle va faire venir sa grand-mère. Mais il faut de l’argent pour le billet d’avion. Un concours de cuisine pour ados va lui en donner l’occasion mais la concurrence est rude dont celle de Miranda dont le père tient un grand restaurant.

Graines de cheffes

Ce qui fait la force de Graines de cheffes est la capacité d’adaptation de la petite Cici sans rien renier. Ce sera la cuisine, la mixité des saveurs alors que tout ce qui vient d’Asie est considéré par les Américains comme de la cuisine à emporter, du fast-food bas de gamme. Il y a bien sûr des recettes tout à fait vraies qui sont des enseignements précieux, des approches passionnantes dans ces 206 pages très colorées, subtiles. La grand-mère est l’inspiratrice de Cici. On se surprend à ne pas lâcher l’album pour savoir quelles nouvelles trouvailles savoureuses Cici sortira de sa mémoire. Vraiment charmant et dessiné avec talent.

Graines de cheffes, Rue de Sèvres, 13 €

Graines de cheffes

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