L’Age de cristal, quand l’enfance disparait

L’Âge de cristal de Frantz Duchazeau vient d’être réédité chez Robinson. Chronique douce-amère de la vie d’un petit garçon dont l’enfance va se fissurer et le porter vers l’adolescence, on est captivé et parfois touché par des détails que l’on a pu connaître, des sentiments ressentis. Duchazeau raconte avec délicatesse et émotion une histoire presque intemporelle.

Une mante religieuse fait les frais de la bêtise d’un gamin sous les yeux de Pierre qui perd sa compétition de judo. Avec son frère plus âgé et des poupées ils échangent sur le thème du papa et de la maman. Reproche d’être venu s’installer dans un bled pourri. Son frère refuse de venir à table. Pierre à un Instamatic comme appareil photo, mitraille ses parents, leur demande de se donner la main. Il sent qu’il y a des l’eau dans le gaz. Il veut que rien ne change jamais. A l’école leçon d’astronomie sur le futur de la Terre qui un jour sera absorbée par le soleil. On ne pourra rien faire mais dans cinq milliards d’années. Pas le feu. Pierre joue avec son ombre et va acheter le dernier Rahan, son collier. Bulles de chewing gum et l’horlogerie de son père.  C’est les vacances et il a déjà acheté un cadeau pour le mère de Pierre à qui avait promis qu’il l’accompagnerait. Il regarde son père travailler qui lui donne un quartz de montre. Pierre veut savoir si ses parents s’aiment toujours. Son père lui promet une montre. Pierre part faire des photos du soleil et tombe sur son frère en train de se battre avec d’autres ados. Le jeune judoka n’a pas supporté qu’on lui dise qu’on a vu sa mère avec un autre homme. Il fait tomber son Kodak que sa mère lui arrange et lui explique pourquoi elle est triste. Jeune elle voulait être violoniste jalousée par son frète et sa soeur. Depuis elle passe de la musique triste. Son frère lui confirme que ce sont des bêtise concernants sa mère. Un débilus le type. Pierre demande à son quartz de tous les protéger. Comme dans une série TV qu’il regarde de science fiction. A table il pleure et demande à ses parents de s’embrasser. Il doit aller chez sa grand-mère mais n’est pas enchanté. Cauchemars nocturnes et départ mais il a oublié son quartz.

Des souvenirs très vrais, authentiques dans lesquels on peut, sans nostalgie, se retrouver. Les petits soldats en plastique, des têtards dans une bassine, un dessin de femme dans le couloir et toujours en arrière plan sa série TV. Un peu malade et sa cousine Cécile à qui il montre les futures grenouilles. Là aussi tout fonctionne, grimper dans les arbres, le cimetière du village et des enfants qui ont trouvé un chat que généralement on noie petit. Vécu. Un gros chien gentil, les parents d’un copain qui divorcent pour pouvoir se faire des bisous avevc une autre,  Pierre se trompe de chemin pour rentrer chez lui. Sa grand-mère laisse le chat sur la route. Des flash-back, un récit très bien bâti, un dessin que Frantz Duchazeau maîtrise, un enfant qui perd peu à peu son insouciance, le tout en noir et blanc qui convient bien au sujet. Le lapin qu’on écorche, un drame. Un superbe album plein de vie.

L’Âge de cristal, Robinson, 160 pages, 22,99 €

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