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Le Fils d’El Topo T2, Jodorowsky le créateur infatigable

Si il y a bien un mot inconnu dans l’univers d’Alejandro Jodorowski, c’est indifférence. Impossible de ne pas être interpellé par le talent, le génie, d’un homme qui a su flanquer de grands coups de pied dans la fourmilière, celle d’un art figé incapable souvent de se renouveler. On l’a vu en BD avec L’Incal, Bouncer, au cinéma avec Dune, Poésie sans fin, El Topo. En voulant donner une suite à ce dernier titre, Jodorowski a fini par choisr la BD et un western surréaliste qui réécrit finalement la Bible et Le Bon, la Brute et le Truand à la fois. Abel et Caïn sont revisités par Jodorowsky. Le dessin de José Ladrönn est superbe, violent, faisant penser à du Bunuel, en trois cases par page pour mieux jouer avec l’esthétisme cinématographique. Une saga mystique décalée sur fond de western emballé et politique, Jodorowsky continue dans ce tome 2 des Fils d’El Topo sa quête jamais assouvie.

Sur son cheval Lucifer, Caïn chevauche avec sa Marie. Erreur de parcours, des sables mouvants, le couple est sauvé de justesse par des Mormons qui voient en la jeune fille une procréatrice à utiliser de force. Quant à Caïn le maudit il peut aller se faire pendre ailleurs. Marie, la vierge, sera elle-aussi libérée. Caïn rejoint Abel qui a conservé le cadavre de sa mère et sait que leur père n’a pu se tromper. Un jour Caïn le tuera. Pour l’heure, ils doivent emmener le corps vers l’Île Sainte où il y a les menhirs en or que veut Caïn alors qu’Abel, lui, recherche la sainteté. Au passage, les deux hommes récupère la vierge.

On bascule dans un baroque flamboyant, délirant de nonnes à barbe, de Mexicains anges de la mort, de boules de feu et de combats épiques, d’une sculpturale méchante. Du western mais réinventé et c’est là que réside le talent fou de Jodorowsky. Pas de délire, non, des idées qui éclatent dans les pages. Une création sans limites dont il ne faut rien dire de plus pour conserver le plaisir de la lecture et de la découverte. Ladrönn est un maître en images. Quelle force dans les visages, les expressions des personnages. Un tandem qui était fait pour se rencontrer. A suivre.

Les Fils d’El Topo, Tome 2, Abel, Glénat, 15,50 €

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