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L’Addiction s’il vous plait, garçon la même chose

C’est une sujet tabou, ancré dans les moeurs, dans notre cher pays dont la production viticole reste une référence mondial avec du bon et du nettement moins bon cependant. L’alcool tue chaque année 49 000 personnes. L’Addiction, ou alcoolisme mondain, ou alcoolisme tout court méritait bien qu’on s’y arrête. Terreur Graphique l’a fait et sait de quoi il parle. C’est un alcoolique qui se soigne et son album L’Addiction s’il vous plait devrait être mis à disposition au sein même de l’éducation nationale. Terreur Graphique est lucide, se bat, progresse, avec l’aide des siens et du Centre de soins, d’accompagnements et de Prévention en Addictologie. Car se sevrer c’est presque impossible seul. Enfin qu’on arrête avec ce slogan bidon, « avec modération. » Oui on peut boire un verre de vin de temps en temps, le moins souvent possible, et autant qu’il soit bon. On peut aussi ne pas boire du tout. Le tabac tue, la drogue également, l’alcool peut aussi surtout quand on voit comment les mineurs se sont mis à boire jusqu’à en être malade de nos jours.

Séance au centre d’Addiction, des gestes qui parlent et la vérité qui sort de la bouche du patient : je suis alcoolique et il y en avait d’autres dans ma famille. Atavisme, les chiens font pas des chats. Un papa dans son bureau en fait le bar d’en face et un fils qui sait, paumé.  Le père comme tout alcoolique planque son pinard, deux litrons par jour, la dose qu’on donnait aux Poilus en 14 pour qu’ils montent à l’assaut. Ou un litre par jour aux vendangeurs mineurs dans le Midi. Vécu.  Et c’est le fiston qui va au ravitaillement. Des souvenirs, le canard dans le café, la consigne des bouteilles vides. Et le sport, le vélo qui demande un coup de fouet comme sur le Tour de France avant la guerre, un coup de rouge avant la grimpette. La musique adoucit les moeurs et endurcit les foies. Il a toujours voulu dessiner, a aimé le rock, vivre vite mourir jeune à la Joplin. Sobre n’est pas un gros mot et l’alcool n’est pas une potion magique qui donne du talent. Tout pousse presque à boire dans la vie, dîners, pots, chagrin on en passe. Apprendre à dire non, Terreur décrit le process. L’alcool n’a aucun bien fait pour la santé, un petit whisky ne fait pas de bien aux artères.

C’est une longue marche la désintoxication, avec ses chutes, rechutes. On ne savait pas que  L’Addiction, s’il vous plaît était née sur Instagram. Terreur Graphique avait décidé de parler, témoigner de son combat contre l’alcool. Et c’est un gros tout car l’addiction n’est pas unique quant à ses causes, héritage familial, blessures enfouies, quête de reconnaissance, pression sociale, influence de la pop culture. Une leçon de vie douloureuse mais pleine d’espoir livrée avec honnêteté, l’histoire d’un homme qui veut se défaire de son addiction. Une couverture remarquable dans la lignée des pubs (détournée) des années quarante. Un bouquin coup de poing.

L’Addiction s’il vous plait,, 144 pages, Casterman, 23 €

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