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Verts, espoir d’une nature humanisée

Et si la nature et les humains ne faisaient plus qu’un ? Si les plantes, les arbres devenaient parties intégrantes de notre corps ? C’est ce sur quoi repose Verts, une fable, un conte comme on veut, et même de la SF par Patrick Lacan et Marion Besançon. Une petite feuille qui sort de la narine d’un nouveau-né peut en cacher bien d’autres. Un hymne aussi à l’acceptation de la différence, du changement et surtout du besoin de sérénité face à tout cette vie dont la violence est devenue le maître mot. Le dessin de Marion Besançon a un pouvoir magique sur l’esprit du lecteur. Un trait beau et délicat au rythme des saisons qui chapitrent cet album inattendu de 264 pages.

Une civilisation qui a atteint des sommets, pollution, populations entassées. Une petite fille est auprès de son arbre dont les racines vont loin sous terre, sous les routes. Dans un supermarché, Clarence fait des courses avec son père.Il veut une tête à coiffer. On triche pour passer la caisse plus vite. Sa mère est très malade. Son père se met à tailler les haies. Le bruit affole la voisin qui a un bébé. Avec son mari elle se cache chez elle car leur enfant a une feuille qui pousse dans la narine. Le pédiatre est dépassé. La maman de Clarence est dans le coma et le pronostic n’est pas bon. De nombreux enfants sont nés avec une feuille dans les narines mais sont en très bonne santé. Le phénomène s’amplifie. Impossible de le cacher. Pas de contagion. Feuilles d’arbres, légumes, aromates selon le pays. Clarence a un premier contact personnel avec une plante.

Les mutations se multiplient, sont irréversibles, le paysage ,villes comprise devient vert. On accepte ou on a peur, on est heureux ou terrifié. Des groupes se forment et les enfants en sont les leaders. On comprend bien que derrière la poésie du discours on parle de l’acceptation des autres, de cette nature qui a décidé qu’il était temps de tout faire pour que tous survivent ensemble, évoluent. Il y a de l’émotion, de l’espoir au fil de ces très belles pages, de la violence encore par ceux qui refusent et sont prêts à tout pour casser le mouvement. Du noir et blanc sauf la fin, l’été, en couleur bien sûr pour une jungle où le vert est omniprésent. Remarquable, un appel à la compréhension des autres.

Verts, Éditions Rue de Sèvres, 28 €

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