La Somnambule a la mémoire qui flanche

La Somnambule Marian a une vie banale, vendeuse dans une brocante associative. Elle vit à Boston en 1974 et décide d’acheter une Mustang. Elle la gare dans le garage de la propriétaire de la brocante où elle habite aussi. Et tous les matins Marian constate que quelqu’un s’est servi de sa Mustang. Un détail : Marian est un brin amnésique et a complètement occulté son passé. Par contre certains ne l’ont pas oubliés et auraient tendance à vouloir lui faire perdre définitivement la mémoire et plus si possible. D’autres aimeraient bien que les neurones de la jeune femme se remettent en place. Enfin Marian est somnambule. Ce qui en ajoute une couche.

Adapté du roman d’Helen McCloy, ce polar grignote pas à pas l’amnésie de Marian qui se croit devenue folle. La pression monte et les personnages se mettent en place tout en gardant dans un suspense parfait leur mystère. La vérité se dévoile par bribes. Stéphane Michaka a extrait le meilleur de ce polar qui surfe sur la capacité humaine à pouvoir occulter ses souffrances. On a bien sûr les rebondissements qu’il faut et des surprises qui étonnent. Jean-Louis Thouard dessine souvent sur des thèmes fantastiques. Cette Somnambule très hitchcockienne lui va bien. Dessin acéré et flamboyant, inquiétant comme l’ambiance de ce très bon thriller.

La Somnambule, Casterman Noir, 18 €