Bérézina T3, l’épilogue sanglant

Elle va être douloureuse la retraite de Russie, jalonnée par des milliers de morts pris au pièges des Cosaques russes, de l’hiver glacial. Direction la Bérézina pour le tome 3 qui boucle cette aventure historique adaptée du roman de Patrick Rambaud. La fin de l’Empire se rapproche. Frédéric Richaud en trace un portrait saisissant à travers personnages connus ou inconnus, au hasard des rencontres et des combats. Des drames de feu et de sang, sous la neige, sur la glace dessinés de belle façon très réaliste par Iván Gil qui dans ce dernier a atteint un niveau graphique saisissant d’efficacité et de qualité. On est aux côtés des grognards, toujours pour le pire.

Bérézina L’aigle baisse la tête sous la neige. Les soldats marchent et des privilégiés, des civils embarqués dans le retraite roulent calèche. Jusqu’au moment où les essieux cassent. On continue à cheval. Roque à pied. Napoléon tente l’impossible, contrer les Russes, permettre à ce qui reste de son armée de contre-attaquer pour mieux échapper au massacre. Il redevient général l’Empereur. On doit sauver Davout et on sonne la charge des éclopés comme le capitaine d’Herbigny. Roque cherche toujours sa comédienne Ornella et tombe sur l’acteur Vialatoux. Napoléon laisse une arrière garde pour attendre le maréchal Ney. Seul passage possible, la Bérézina. Plus rien à manger sauf des cadavres. On construit des ponts et les hommes du génie gèlent dans l’eau, l’armée franchit le fleuve. Mais les ponts doivent être détruits pour empêcher les Russes de rejoindre les Français. On sacrifie les retardataires.

Des aventures individuelles hors normes, dans un univers où la vie ne vaut rien et on tente par tous les moyens de survivre. La solidarité et le courage en font partie. Une fresque émouvante, enlevée qui reste au niveau de l’humain, une aventure qui a dépassé ses acteurs comme le dit Richaud dans ses dialogues. Sur 500 000 hommes, 200 000 soldats furent tués, 150 000 prisonniers, 130 000 ont déserté. 30 000 reviendront. Une saignée à blanc sur les deux ans de cette sanglante campagne de Russie en 1812-19813.

Bérézina, Tome 3, La neige, Dupuis, 15,50 €

La neige