La Fille au blouson léopard, un charme vénéneux

New York pour décor d’un polar survitaminé comme le qualifie ses auteurs James Tynion IV et la française Elsa Charretier. Zara et Jasper Jayne, un duo qui s’est aimé. Reste à survivre, échapper aux tueurs avec un dessin d’une narratrice en off. Mais la vérité n’est pas la plus évidente. Jasper tue en professionnelle accomplie. Du cousu main qui étonne dans le bon sens du terme. La Fille au blouson léopard est un album issu de la production DSTLRY.

Le métro, une jeune femme qui évoque une love story mais pas comme dans le film. Jasper cheveux courts, jolie aime les hot-dogs. Elle est en retard à un rendez-vous avec sa pote pour une soirée classe, robe longue, pas son style. Elle se gave de gambas. Sa copine est écrivain, a eu une avance pour un bouquin dont l’éditeur ne veut plus. A la soirée Jasper se révèle être une tueuse entrainée et liée à une autre femme curieusement habillé style religieuse en noir, Liz. Jasper aurait pour cible un vieux boss de la mafia, Wertham. Celles qui devaient le protéger ont été mieux payées pour le tuer. Avec Jasper les cadavres s’accumulent. L’écrivaine s une existence qu’elle qualifie de vide dans un bar pourri. Mais les deux femmes se retrouvent dans l’appartement luxueux de Jasper. Apéro et une chatte agressive. Jasper est blessée. Echange sur la beauté de la ville, sur le Brooklyn Bridge. Echange aussi de noms, Zara et Jasper qui a une gigantesque bibliothèque. Liz les rejoint et embarque Zara, la menace. Ne pas revoir Jasper sous peine de mort. Mais c’est Jasper qui la retrouve pour trois ans de liaison amoureuse. Zara a écrit un roman sur Jasper, La Fill au blouson léopard.

On est avant tout conquis par le dessin singulier, pas classable et tant mieux, original et séduisant. Il y a évidemment l’histoire, les personnages dont Jasper attachante et déjantée. On y ajoute la mise en page, des recherches graphiques éclatantes, le découpage. On tombe sous le charme de Jasper pourtant mortellement violente. Tout est en place, la dramaturgie a sa raison d’être. Jasper-Zara, pour le pire et rarement le meilleur. Une sacrée bonne histoire qui cache parfois volontairement son jeu. Cahier graphique excellent en fin d’album.

La Fille au blouson léopard, 176 pages, Delcourt, 25,50 €

 

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