La Colonne, le « bon vieux temps » des colonies

En avant marche, pour la gloire de la France. Dans La Colonne, Christophe Dabitch et Nicolas Dumontheuil racontent la dernière expédition française au Tchad. La logique coloniale ira au bout de sa violence en cette fin du XIXe siècle. Le premier tome (il y en aura deux) vient de sortir chez Futuropolis.

La Colonne Des vautours, un tirailleur sénégalais qui se nomme Souley, un esprit Blanc qui lui parle et le cadavre d’un capitaine, ouvrez le ban, l’histoire de la colonne peut commencer. Le Capitaine Boulet et le lieutenant Lemoine, qui ne savent pas qu’ils finiront au bout la piste ont monté cette expédition avec l’aide du gouvernement français. Souley et l’esprit Blanc, un décontracté à l’humour acide, reviennent sur la vie dissolue et parisienne des deux officiers, vieux routiers de l’empire colonial.

Boulet un dur, Lemoine un politique s’embarquent dans une mission qui veut contrecarrer les ambitions anglaises et allemandes en Afrique. Par tous les moyens il faut arriver au lac Tchad. Avec une troupe de tirailleurs et d’auxiliaires, la colonne avance, tue, pille, enrôle de force les populations noires. Les deux témoins, l’esprit et Souley, n’omettent aucun détail, ni de l’action, ni de la psychologie des personnages.

Dabitch signe un scénario à la fois très précis et romanesque. On est dans un autre monde dont on se souvient peu, celui de la coloniale. Réaliste, sans concession, Dabitch ne cache rien. En particulier la façon dont des soldats Noirs tuent d’autres Noirs sans états d’âme. Dumontheuil a ce dessin expressif, coloré et fort qui colle à l’action violente de La Colonne. Ce premier tome est une belle réussite.

La Colonne, Tome 1, Un esprit blanc, Futuropolis, 17 €

Un esprit blanc