Juste après la vague, sacrifice vital

Un récit post-apocalyptique comme on dit, un tsunami monstrueux qui noie la Terre donc seule solution de l’arche à la barque sauf qu’il va falloir faire des choix. Juste après la vague c’est un peu l’histoire du mousse qu’on tire au sort pour le bouffer tout cru en cas de famine ou qu’on abandonne sur une île déserte. Qui sacrifier pour sauver les autres ? Dominique Monféry (Le Serpent majuscule) d’après le récit de Sandrine Collette a donc surfé sur la vague pour ce drame à la fois humain et psychologique. En y ajoutant du suspense et s’appuyant sur un dessin ultra-réaliste. Un petit côté Lepage sur bien des points.

Une maison paumée, un poulailler et un gamin éclopé. Avec en tête le souvenir de la vague qui a tout dévasté. Louie fait toujours le même rêve. Dérèglement climatique, un volcan s’effondre et la vague submerge tout sauf les points les plus élevés. Chez Louie ils sont neuf  plus les parents et il y a une seule barque pour tenter de rejoindre une zone préservée. La mer monte toujours. Le père s’est trompé pensant que l’eau allait se retirer. Il faut aller vers les Terres hautes prendre les ados pour ramer, les filles les plus jeunes. Trois resteront, Louis, Noé et Perrine. Mais que leur dire ? Rien. Un matin les trois enfants se réveillent seuls. On a abandonné les plus faibles, une jambe malade, un oeil en moins, trop petit. On leur a laissé une lettre promettant de venir les chercher. De la nourriture, des bonbons, commence alors une survie difficile. Sur la barque rien n’est simple et la mère craque. Elle aurait dû rester sur l’île. Le remord. L’eau progresse, il pleut et les trois abandonnés guettent un éventuel retour des leurs. Les poules ont faim et non loin il y a une île où pousse des pommes de terre, mais dangereuse d’accès. Leurs frères ont failli se noyer. Louie va tenter le coup. Sur la barque un énorme poisson s’est approché.

C’est un drame à l’état pur dans lequel les tensions atteignent des niveaux insoutenables. Qui doit vivre ou pas ? Qui choisit ? Et la mer, le tempête ? Tout s’en mêle. On est pris aux tripes par la qualité de l’action pourtant limitée à des univers clos. C’est aussi horrible car des choix du même gente ont été fait entres autres pendant la guerre. Qui doit ou peux survivre ?  Bouleversant et pathétique car il y aura en prime un évènement qui va ajouter son lot de peur et de violence. Très émouvant aussi.

Juste après la vague, 144 pages, Rue de Sèvres, 25 €

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