Pour ce nouvel album de la série Jour J, Duval, Pécau, Blanchard n’ont pas lésiné sur les moyens. Los Alamos, c’est là où a été conçu la première bombe atomique, testée et larguée ensuite sur Nagasaki et Hiroshima. Nom du projet Manhattan et comme toujours dans cette collection on a une uchronie où rien ne se passe comme dans la grande Histoire. Avec un casting d’enfer, d’Oppenheimer à Jack Kerouac romancier futur leader de la Beat génération et William Burroughs, Kim Philby anglais et espion soviétique, chaman indien, Elliot Ness, Costello le parrain de la maffia, Sakharov, Joliot-Curie. Un suspense qui se tient grosso modo sous le bon trait de Denys. Alors bombe ou pas ? Un bon dossier en ouverture de l’album qui met bien les pendules historiques à l’heure.

Juin 1945 on va teste le « gadget », la bombe A mais un orage perturbe tout. Reprise et essai, la bombe détruit la Terre au moins dans le cauchemar de son concepteur Robert Oppenheimer, dit Oppie. Qui à Los Alamos prend conscience de ce qu’il est en train de faire. Du coup il fuit sans laisser d’adresse. Panique chez les huiles du Pentagone, on est en plein seconde guerre mondiale. Sa femme ne sait rien. L’Allemagne est battue et c’était l’objectif pas le Japon avec Tokyo qui risque de coûter cher à envahir. Le fils de l’un des chercheurs est Marines à Okinawa. Et le Japon c’est une île avec rien autour, pas Berlin au centre de l’Europe et des pays alliés. Sans Oppie impossible de boucler le programme. Dans un wagon Jack Kerouac, déserteur se planque. Et rencontre Oppie dans un bar. Mais la police les piste. Un copain de Kerouac, Neal Cassady les récupère. Poursuite dans le désert et direction Les Monts Sangre de Cristo. Hoover patron du FBI s’en mêle. On soupçonne Oppie d’être un traître aux services des Soviétiques qui eux-aussi travaillent sur la bombe. A Los Alamos impossible de stabiliser l’explosion.

Le choix de la fin de cette édifiante histoire dont on ne dira rien est cependant assez improbable. Le destin du monde en aurait-il était changé ? Non car la bombe même non utilisée serait restée comme aujourd’hui encore une arme de dissuasion que ce soit pour les grandes puissances ou les petites, Israël, Inde ou Pakistan. Distrayant mais fourre-tout.
Jour J Los Alamos, 120 pages, Delcourt, 23,75 €

Articles similaires
Et si l'homme qui est à l'origine de la première bombe atomique américaine qui en…
La suite et la fin de Sur la route de Los Alamos, le T32 de…
Un vrai thriller mélange de Hitchcock et de Tarantino, du sang et une intrigue tordue…
En partenariat avec Normandiebulle, festival de la bande dessinée de la ville de Darnétal qui…
Les éditions Glénat étoffent leur offre audio avec la série La Bombe, devenu un classique de…
L’ACBD, Association des critiques et journalistes de bande dessinée, a décerné le Prix de la…
Un pavé qui, pour la première fois en BD, raconte la génèse de la conception,…
Quand, en 1492, Abdel Colomb découvre un nouveau continent, c'est un Jour J bien différent…