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L’Espion d’Orient, il a découvert Abou Simbel et Petra

Il y a eu Lawrence d’Arabie qui avait su se fondre dans le monde arabe et vivre des aventures épiques et politiques qui a travaillé avec succès pour les services de renseignements militaires anglais. Le film tourné à sa gloire puis son livre Les Sept Piliers de la sagesse l’ont faut connaître au monde entier. Et il y a eu avant lui, en moins connu L’Espion d’Orient, Johann Ludwig Burckhardt qui a découvert la cité de Pétra et les sources oubliées du Niger. Il sera aussi agent britannique car le Moyen Orient restera longtemps chasse gardée des Anglais. L’aventure de Burckhardt va demander, du temps, de la patience, du courage. Danièle Masse et Alexis Vitrebert (Le Château de mon père) décrivent un analyste qui avait compris que cette région du monde était une poudrière qu’il fallait étudier au plus près mais en l’adoptant totalement.

En 1817 on enterre Johann Ludwig Burckhardt au Caire. Dix ans plus tôt le jeune Suisse arrive à Londres sans un sou et une lettre de recommandation. Il loge dans une modeste pension et a la nostalgie de sa famille à Bâle. On est sous l’Empire et l’Angleterre est bloquée par Napoléon. Il rencontre de grands explorateurs dont bon nombre ont disparu et les nouveaux candidats rares. Il va se présenter à l’association africaine, les enjeux commerciaux sont énormes dans ces régions de l’Afrique inexplorées, il faut trouver de nouvelles routes. Il est accepté, se prépare et apprend l’arabe, l’histoire des civilisations arabes, prend le prénom de John. On parle d’une cité creusée dans la pierre entre Damas et l’Égypte. Il va devoir agir en secret, se fondre dans la masse, devenir un cheik arabe. De Malte il sait que la côte libyenne jusqu’à Alexandre est encore inexplorée. Il devient Cheikh Ibrahim Ibn Abdallah marchand indien. Un vrai prince arabe que ses amis dans la rue ne reconnaissent plus.

C’est là toute la force de John, qui arrive à Alep où il va rester un an pour maîtriser totalement la langue mieux même que des érudits locaux. Il n’est pas seul dans la course, la France est là. La Mecque où il sera le premier européen, Tibériade, et enfin comme dans un Jules Verne les découvertes, Abou Simbel, Petra. Il se sortira des situations les plus dangereuses. Un découvreur né Johann Ludwig Burckhardt que cet album fait à juste titre revivre.

L’Espion d’Orient, Johann Ludwig Burckhardt et Petra, la cité perdue, Delcourt, 19,99 €

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