Je veux réussir.com, nager vers la terre ferme

La culture du rebond après l’échec, l’entreprise qui tue, qui nie, qui rejette, c’est une autobiographie que signent David Cantolla et Juan Diaz-Faes au dessin. Au départ il y avait le web, internet, des start-up, du vent, des milliards, des clics, des boites qui se retrouvaient en bourse. Ensuite il y a eu le crash en 2000. Le vent c’est bien mais ça peut ne rien valoir.

Je veux réussir.com Chute brutale, chômage pour tout le monde, horreur dans ces start-up surcotées. Cantolla a vécu en direct les deux phases. Sa société c’est Teknoland et il raconte comment il s’est retrouvé un beau jour avec cinq euros en poche. Et plus rien d’autre. Retour en arrière sur la vérité de l’entreprise web, ses hommes, ses mœurs, ses prétentions, ses drames. Maudit Nasdaq et très fin roman graphique qui explique, mime, clarifie. Teknoland était parmi les plus grosses entreprises web d’Espagne. Cantolla la réussite. Il l’aura, provisoire, et 21 millions de dette à la sortie. Alors que faire ? Se laisser couler, ou nager pour rejoindre la terre ferme ?

Hormis le réalisme graphique (un petit côté Delisle) Cantolla et Juan Diaz-Faes racontent bien, expliquent sans lourdeur. On lit leur témoignage, les conseils du Kung-Fu des entrepreneurs. Et la réussite qui revient plus tard avec Pocoyo, une série d’animation pour apprendre. Un détail quand même : pas certain que tous les anciens rois des start-up aient le talent de créateur de Cantolla, son punch. Et après le web il y a eu les subprimes. La prochaine, ce sera quoi au train où vont les choses dans ce monde qui dérape ?

Je veux réussir.com, Dargaud, 22,50 €

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