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Je est un autre, Alessandra avec Rimbaud deux incessants voyageurs et une expo virtuelle chez Maghen

Eternel et incessant voyageur, que ce soit sur ses propres chemins (Dadji) où sur ceux empruntés par d’autres, Joël Alessandra a cette fois accompagné Arthur Rimbaud. A 19 ans il décide de ne plus être poète mais aventurier. Mais a-t-il signé un dernier texte, sorte de testament, inédit et découvert ensuite ? Ou pas. 1873 Rimbaud part pour la Corne de l’Afrique. Alessandra, Joël, est un magicien du dessins, des couleurs, de la vie sur papier mais aussi des mots. Je est un autre, a dit Rimbaud, c’est le titre de l’album. Le poète ne serait pas unique mais un miroir à facettes, un kaléidoscope. Alessandra nous embarque à sa suite dans les pas de l’« homme aux semelles de vent ». Une exposition virtuelle se tient chez Maghen. On plonge dans son univers graphique à travers un bel ensemble rassemblant des planches originales et des aquarelles lumineuses de ce très bel ouvrage.

Java, Alexandrie, les pistes d’Afrique, le passage entre la Mer Rouge et l’Océan Indien, ce seront les dix dernières années de la vie du poète. Alessandra expose à Charleville Mézières ses dessins faits dans les mêmes endroits que Rimbaud a traversé. Il habite dans une maison où Rimbaud a vécu et traverse un problème sentimental. Ethiopie et ses Lettres de Harar, un dernier vers pour Mariam, Rimbaud fair rêver Alessandra dans sa maison où peut-être son esprit subsiste. Dernier poème de Rimbaud en 1874, il meurt en 1891. Un ultime projet littéraire-poétique puis plus rien. Joël décide de suivre Rimbaud. Oublier aussi son statut de célibataire, solitaire, sa femme qui l’a quittée. Partir en chasse du dernier poème. Rimbaud s’était engagé dans les troupes coloniales hollandaises, Sumatra, Batavia. Il déserte, repart en Europe. Il repart à Alexandrie, Chypre tome malade. Il reviendra un an plus tard. En 1880 la Mer Rouge, un stop à Djeddah à deux jours de La Mecque. Où Alessandra vient, se renseigne sur la rencontre de Rimbaud et des Soufis une confrérie religieuse pour qui la poésie est un mode de transmission initiatique. C’est ensuite Souakim sur la côte égyptienne. Aden où il est engagé chez un marchand de café, Bardey.

Pour Alessandra, politique et guerre obligent au Yemen, ce sera Djibouti qu’il connait bien mais en bateau, sur un boutre à la Monfreid. Une saison en enfer, la quête se poursuit aux côtés d’Alessandra. Le train du Négus, une succession d’aquarelles en forme de prises de vue, d’images saisies sur le vif, qui enchaînent les étapes. Voix off de l’auteur, que le suspense demeure. La belle Mariam pour amoureuse mais l’appel de Rimbaud est le plus fort. Imagination, réalité, quelle frontière. Alessandra le rêveur d’horizons signe là un album envoûtant, splendide comme il sait si bien les faire. Les paysages s’y prêtent, Rimbaud aussi. Alors un dernier poème pour sa Mariam ?

Je est un autre, 160 pages, Editions Daniel Maghen, 26 €

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