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Meschugge, mort au ghetto

Hormis qu’on est à Copenhague, au Danemark, en 1905, on pourrait se croire avec Will Eisner à New York. Meschugge, le labyrinthe du fou de Benni Bødker au scénario (Homonculus) spécialiste du roman d’horreur pour jeune public et Christian Højgaard au dessin est empreint de culture juive ashkénaze, de vocabulaire yiddish. Un polar plus près parfois d’Enola Holmes que de la littérature policière venue du froid mais qui fait cependant frissonner. Une jeune femme qui travaille dans un commissariat va enquêter sur une série de meurtres qui pourraient bien la faire basculer dans un monde et un univers fou sans pitié.

Nathan est issue du famille juive qui lui reproche ses désirs d’indépendance, de ne pas se marier. Un vendredi soir, après le repas du Sabbath, en rentrant chez elle, en longeant le ghetto, elle assiste à un meurtre et, blessée, échappe au tueur grâce à un jeune garçon, Ahron. A la 2e Brigade de Police où Nathan travaille le commissaire lui demande d’aller à la morgue prendre des notes pendant une autopsie, celle de la femme tuée sous ses yeux. Revenu au commissariat elle demande s’il est vrai que le chef de la police des mœurs qui s’est suicidé était un ripoux. Son patron lui demande d’être ses yeux et ses oreilles dans le ghetto afin d’éviter des pogroms. Le fait qu’elle soit juive est important. Mais les gens se taisent même les prostituées. Elle rencontre le professeur Altschul qui est devenu l’ange gardien du ghetto. Il lui apprend que quatre femmes ont déjà été assassinées de la même façon. Son patron va ne parler à la brigade des mœurs. Nathan se plonge dans les dossiers.

Un polar très élaboré, bien construit et surprenant car les évidences ne sont pas celles que l’on croit. Le dessin est très expressif, noir et blanc, on suit Nathan avec de plus en plus d’angoisse avec en toile de fond la cabale juive, des signe symboliques, des superstitions. Tout va déraper, le chasseur pourrait bien devenir la proie. Un très bon moment de grande littérature policière complètement cinglée.

Meschugge, Le labyrinthe du fou, Glénat, 23 €

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