
Robbie Morrison au scénario, Charlie Adlard au dessin qui sera chez Azimuts à Montpellier en février signent Hérétique sur l’Inquisition toute puissante, la sorcellerie qui n’est pas sans rappeler à travers le héros le roman Au Nom de la rose. A Anvers au XVIe siècle les meurtres s’accumulent sous le poids de l’Inquisition. Agrippa, scientifique et intellectuel va devoir au risque de sa vie trouver la vérité.

Retour sur ce bon docteur Freud qui parle de Jean Wier grand spécialiste des sciences occultes et des démons à la fin du Moyen Âge, à la Renaissance. Mais il y avait aussi le docteur chevalier Cornelius Agrippa ennemi de l’Inquisition qui envoyait au bûcher tous et n’importe qui. Les journaux de Jean Wier étaient conservés par Freud. Le narrateur raconte comment il a traduit ces journaux. Wier était arrivé à Anvers en 1529 alors que dans une église il s’est passé de bien curieuses choses. Wier c’est lui est reçu par Juliette Agrippa fille de Cornelius. Il sera son nouvel élève dans son laboratoire. C’est la mère de Wier qui a tenu à ce qu’il aille apprendre avec lui. Inventions dangereuses ou bénéfiques, un moine de l’Inquisition convoque Agrippa. L’Inquisition est toute puissante et se bat soit-disant contre la sorcellerie. Elle purge les villes, torture, emprisonne comme la jeune Rebecca. Ses membres sont des illuminés prêts à tout. On a découvert dans une église attaché à la Croix le corps de l’évêque d’Anvers. Agrippa est confronté à Bernard Eymerich inquisiteur en chef qu’il a déjà combattu à Orléans en innocentant une de ses accusés. Agrippa est chargé de l’enquête. Avec Wier à ses cotés. Examen du cadavre et Wier retourne à l’église où il tombe sur une jeune femme terrorisée. Il est agressé par un homme au curieux masque contre la peste. Agrippa le retrouve inconscient dans le confessionnal et le ramène chez lui. En mer des pêcheurs trouve un cadavre dans leurs filets.

Le maître du jeu c’est bien sûr Cornelius Agrippa auquel Adlard a donné un visage et un physique sobre mais puissant en tout point. Tout se met en place peu à peu avec le maître et son élève. Un côté Holmes et Watson avant l’heure. Informateur plus ou moins dévoué, la maison des sorcières et l’inquisiteur tordu à souhait, un fléau que l’on attend de voir exploser en vol. Des rebondissements, de l’action, un polar c’est vrai bien ficelé qui repose aussi sur la disparition de Rebecca. Wier voudrait bien la jouer solo mais danger. Une critique forte de l’antisémitisme qui prévalait à l’époque alors que le Pays-Bas était un pays qui acceptait les Juifs. Marguerite d’Autriche est la régente de la Hollande et a un caractère de fer, amie de Agrippa. Un légiste déjà boucher de son état, l’ensemble a de belles qualités graphiques et scénaristiques, en noir et blanc. Une base historique sur laquelle revient Morrison dans sa postface.
Hérétique, 128 pages, Delcourt, 19,50 €


J ai lu et c est tout simplement excellent .