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Opération Copperhead, tromper Adolf

Un mélange savoureux de grande et de petite histoire, des souvenirs de deux grands acteurs de la scène anglaise, Opération Copperhead, un nom de code venimeux car celui d’un serpent mortel, est un petit bijou dans la lignée d’Ernst Lubitsch et de son film To be or not to be. Reste que tout est (pratiquement) vrai dans cette comédie dramatique qui a donné un sosie au maréchal Montgomery en pleine seconde guerre mondiale afin qu’Adolf prenne des vessies pour des lanternes. Jean Harambat a trouvé le ton, le dessin et le bon découpage pour qu’on plonge avec lui dans cet épisode rocambolesque savoureux et complètement déjanté dans la plus pure tradition britannique.

C’est en Égypte que David Niven et Peter Ustinov qui jouent ensemble dans Mort sur le Nil se souviennent de leur guerre. En 1943 le célèbre acteur et le scénariste débutant se retrouvent à plancher sur un film de propagande pour l’armée. Niven est colonel, Ustinov simple soldat. Le duo va fonctionner à merveille quand un grand manitou du renseignement britannique a une idée de génie. Il faut trouver un sosie au maréchal Montgomery, le balader là où il ne devrait pas être pour faire croire aux Allemands que le débarquement aura lieu ailleurs que ce qui est prévu. Une intox signée par Dudley Clarke avec la bénédiction de Sir Winston. Niven et Ustinov trouvent la perle rare, le comédien Clifton James que connaissait Niven qu’il va falloir non seulement former mais persuader qu’il est capable de se glisser dans la peau de Monty en l’empêchant de boire une seule goutte d’alcool.

Ne pas confondre Clifton Jones, acteur américain, et Meyrick Edward Clifton James. C’est ce dernier qui a bien été propulsé sosie de Montgomery avec des résultats qui ont eu leur importance pour la réussite du débarquement en Normandie du 6 juin 1944. Mais dans le bouquin de Harambat on s’arrêtera surtout à la parfaite mise en scène d’extraits des mémoires de David Niven et de Peter Ustinov qui ont bien formé Clifton, d’une espionne diabolique, de l’agent U35, le tout saupoudré d’un humour très british. C’est vrai qu’on pense un peu à Blake et Mortimer, Niven-Ustinov mais vraiment en finale et ce n’est pas l’essentiel car leur duo a vraiment existé. Jean Harambat colle plutôt à Peter Sellers, voire aux Monty Python. Un délice cette balade au trait fin, bourrée de clins d’œil qui, en plus, revient sur cette Opération Copperhead souvent oubliée aujourd’hui et rappelle aussi le talent de David Niven (Le Cerveau avec Bourvil) et de Peter Ustinov, éternel Hercule Poirot.

Opération Copperhead, Dargaud, 19,99 €

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