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Grandville Noël, l’inspecteur LeBrock sur la piste des Évangiles et Bryan Talbot à Angoulême

On le dit, on les attend comme le messie ces aventures humano-animalières de l’inspecteur LeBrock à Grandville. Méconnu Bryan Talbot qui sera à Angoulême cette année donc à ne pas manquer, a créé un univers uchronique merveilleusement acide où les Français grâce à Napoléon sont les maîtres de l’Europe sauf que l’Angleterre, sacré rosbifs, ont gagné leur indépendance. Grandville c’est Paris et une nouvelle fois LeBrock blaireau futé va aller y faire un tour sur la piste d’une secte et d’un illuminé à corne unique. De l’humour, des clins d’œil littéraires dont les clés sont données en fin de bouquin, des héros de BD bien de chez nous qui font de la figuration sociales ou ont un rôle majeur comme un clone de Lucky Luke. Un épisode une fois de plus chez chez Delirium qui est un petit bonheur dont il ne faut jamais sauter la moindre case.

Rassemblement d’une secte aux USA et suicide collectif sous l’œil d’une blanche licorne à la voix persuasive mais qui elle ne meurt pas. Prochaine direction Grandville et la France alors qu’à Londres LeBrock vingt mois plus tard prend le thé chez sa logeuse Mrs Doyle dont la nièce Bunty a disparu. L’inspecteur commence son enquête et s’aperçoit chez sa mère que son beau-père la battait. Il découvre un morceau de tract de l’Église de Théologie Évolutionniste, la secte qui a migré vers Grandville où Bunty l’a rejointe, convertie. LeBrock part à Paris et découvre avec l’aide de son homologue parisien que la secte pille ses membres et a un trésor en pierres précieuses alors qu’en plus une guerre des gangs fait rage. On est à Noël. A y être LeBrock retrouve sa très belle maîtresse Billie. En prime les humains minoritaires manifestent pour avoir les mêmes droits que les animaux leurs maîtres. La professeur Agatha Ursine a une théorie qui prouverait que l’homme a précédé l’animal. Seuls les vraies Évangiles pourraient le prouver. LeBrock va être aidé par un humain au look de cow-boy détective privé qui tient beaucoup d’un certain Lucky Luke.

Bryan Talbot joue sur plusieurs tableaux. Secte et manipulation, Dieu existe-t-il, humain et animal sur fond de terrorisme, LeBrock va se faire un plaisir de mettre son museau dans tout ça. Un univers à facettes diverses inspiré du cinéma avec Tanrantino ou de Doyle pour Sherlock. Des décors de Paris superbes, une intrigue pas neutre et un LeBrock amoureux, la totale.

Grandville Noël, Delirium, 22 €

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