Elle est avec Lee Miller la plus mythique photographe de guerre du XXe siècle. Gerda Taro a été tuée sur le front pendant la guerre d’Espagne en 1937 et était l’épouse d’une autre figure du grand reportage, qui a débarqué le 6 juin 44 à Omaha, Robert Capa. Il aurait dû être avec Taro le jour de sa mort, écrasée par un char. Lui mourra en Indochine en 1953. Fabrice Garate et Sylvain Combrouze ont rédigé, dessiné la biographie de Taro inspirée largement de sa vie. (Ouvrage sélectionné pour les Galons de la BD édition 2026)

Gerda Taro c’est son nom de guerre. Gerta Pohorylle en 1933 est en Allemagne, le nazisme s’impose. La Gestapo est chez elle, l’embarque pour bolchevisme, la met en cellule. Gerta est juive. 1930 à Liepzig elle ne voit pas de place pour elle dans le monde. Avec ses amis communistes ils distribuent des tracts. Paris ensuite où elle se réfugie. Février 1934 tentative de putsch d’extrême droite. Et la rencontre de sa vie, un photographe, Ende Friedmann qui lui propose de poser pour lui. Coup de cœur, Endre Friedmann lui présente Cartier-Bresson, Chim, Stein. Elle travaille dans le studio de Stein et se met au tirage. Endre et Gerta, le magazine VU, 1935, le couple se forme. Le Front Populaire, Gerta signe dans une agence de Presse. Endre lui apprend la photo. La suite, Gerta renomme Endre Robert Capa, c’est plus américain, plus vendeur et elle sera Gerda Taro dont des tirages paraîtront parfois sous signature de Capa.

La guerre d’Espagne pour les deux, des photos d’anthologie en 1936 dont celle du milicien fauché en pleine course, les Unes des hebdos. Un séjour seule sur le front sans Capa, ce sera le dernier, mortel. Un bouquin très complet sur une des guerres les plus atroces qui va précéder les horreurs de la seconde, mondiale celle-là. Taro a été une étoile filante, belle et brillante du photo journalisme, unique comme son Capa. On se demandera toujours comment elle aurait couvert avec son courage, son génie de l’image, les guerres qui vont suivre sa mort.
Gerda Taro une photographe en guerre, par Delgado et Combrouze, 247 pages, La Boîte à bulles, 27 €

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