Fanfulla, un spadassin signé Hugo Pratt

Ce n’est pas l’œuvre la plus connue de Pratt. Fanfulla, que Pratt signe avec Mino Milani en 1968, est à redécouvrir dans un beau format à l’italienne et emboîtage que lui ont donné les éditions Rue de Sèvres. Tout le talent de Pratt transparaît bien sûr dans cette histoire de spadassins hauts en couleur qui se battent à coups d’épée à deux mains dans l’Italie du XVIe siècle.

Fanfulla Fanfulla est un mercenaire. Après la prise de Rome à laquelle il a participé, Fanfulla continue sa carrière. Florence est l’enjeu d’une lutte acharnée entre deux clans rivaux. Fanfulla sera touché par la grâce divine, se réfugie dans un couvent avec l’un de ses compagnons. Mais le naturel reviendra vite et il reprend du service. Trahisons, jeune femme manipulée, Fanfulla affronte finalement des situations assez modernes. Action, aventure, on peut parler de western Renaissance avec Fanfulla, le borgne sans pitié. Mais ce qui fait avant tout la force de Fanfulla est le travail de Pratt qui n’a pas pris une ride. Certes l’histoire est historique, paillarde et symbolique d’une Italie méconnue en France. Ce qui rend le scénario assez difficilement exportable à l’époque. Mais le dessin de Pratt est déjà d’un tel niveau que l’on devine à l’horizon Corto Maltese. Antonio Carboni dans sa préface compare Fanfulla à l’une des meilleures œuvres de Pratt, L’Île au trésor adaptée de Stevenson. Il a raison. Avec Fanfulla on retrouve un album qui n’a rien à envier aux séries actuelles et qui aurait pu être adaptée à l’écran. Excellente idée des éditions Rue de Sèvres de ressortir Fanfulla dans une mise en page qui met superbement en valeur le trait de Pratt.

Fanfulla, Rue de Sèvres, 20 €