Un roman culte de Ray Bradbury en 1953, un film qui en a été adapté par François Truffaut, grand cinéaste français et pionnier de la Nouvelle vague, Fahrenheit 451 avait déjà été mis en BD par Tim Hamilton et traduit par Fanny Soubiran publiée en 2010 chez Casterman. Cette fois c’est Victor Santos (Furious) qui s’y colle avec beaucoup de talent. Fahrenheit 451 (232,8° C) c’est le nombre de degrés où le papier brûle et on va donc avoir comme en 1933 en Allemagne nazie des autodafés obligatoires pour se débarrasser une bonne fois des bouquins qui inculquent des idées fausses à la population. Fahrenheit 451 est une dystopie, un récit de fiction qui décrit une société imaginaire organisée de façon qu’il soit impossible de lui échapper et dont les dirigeants peuvent exercer une autorité totale et sans contrainte de séparation des pouvoirs, sur des citoyens qui ne peuvent plus exercer leur libre arbitre. Le premier qui dit que des grands pays actuellement n’en sont pas loin seront privés du prochain Blake et Mortimer. Mais un lecteur peut aussi devenir un résistant. D’où le danger des livres.

Des tas de livres, des lances-flammes, une police spécialisée dans les brasiers de papier, Guy Montag est un pompier brûleur de bouquins. Sa voisine est Clarisse Mcclellan, 17 ans qu’on dit folle. Les gens ont peur des pompiers, pas elle. Guy n’a jamais lu c’est interdit. Autrefois les pompiers éteignaient les incendies. Clarisse pense à des choses étranges et lui demande si il est heureux. Une absurdité. Chez lui il trouve sa femme Mildred qui a fait une tentative de suicide mais devrait s’en sortir mais ce ne sont pas des médecins qui interviennent. Trop de cas à traiter. Elle se réveille affamée et ne croit pas à son suicide. Elle regarde la télé, le circuit de mur à mur mais en ajouter un coûte très cher. Retour à Clarisse qui part voir son psychiatre sous la pluie. Elle sait que Guy n’est pas comme les autres. A la caserne un molosse mécanique ne l’aime pas. Sa femme n’a jamais voulu avoir d’enfant.

La progression narrative est logique. Montag va voler un livre, le lire. La guerre qui semble imminente brouille les cartes. Montag bascule, des marginaux, un bombardement et l’espoir. Une grande oeuvre de science-fiction par un Bradbury très inspiré, plus simple peut-être à approcher en BD qu’en livre. Un très bon moment et une oeuvre à redécouvrir ou à découvrir avec un dessin de Victor Santos très inspiré.
Fahrenheit 451, 160 pages, Nouvelles Editions Actusf, 19,90 €

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