Catégories : Albums

Les Zazous Tome 3, liberté retrouvée

Zazou, un drôle de nom qui pourtant ne faisait pas vraiment sourire en pleine Occupation allemande. Les Zazous comme on l’a déjà vu dans les deux premiers albums étaient des jeunes qui à leur façon luttaient d’abord avec leur look, leurs danses contre les nazis puis ensuite les armes à la main, résistants du front parisien, emprisonnés, torturés jusqu’à la libération de Paris en 1944. Pour ce dernier tome on retrouve Salva Rubio et Danide au dessin pour suivre le destin souvent tragique de ces Zazous qui avaient aussi bravé l’antisémitisme de Vichy.

Février 1943 la guerre est à un tournant mais on ne peut pas encore débarquer en France, ni libérer les déportés des camps de l’Est. Les Allemands fusillent les otages avec des pelotons de soldats punis dont Hans le fou de jazz. Frankie est en prison et ses amis sont morts. Le commissaire père de Willa lui propose de le libérer si il part à sa recherche. Frankie accepte, sème la police et retrouve sa sœur avec Willa qui sait qu’elle peut lui faire confiance. Elle le présente aux autres membres du réseau dirigé par Césaire, un borné soupçonneux. Frankie revoit Roméo, Charly ses copains. A la Gestapo on exige que la police française soit plus zélée ce qui n’arrange pas le préfet Raymond ni le commissaire Klébert qui font alliance. Le SS Ritter est abattu dans la tue, 50 otages sont fusillés. Frankie relativise l’effet des attentats que payent des innocents. Césaire se doute que Frankie travaille pour la police française.

On ressent bien toutes les contradictions, les espoirs, les risques de ce qu’a été la Résistance et surtout ces FFI de la dernière heure, tondeurs de femmes, qui règlent leurs comptes. Le personnage de Frankie et son évolution est en cela intéressant comme celui de Willa. Politique, pouvoir à prendre en 44, qui sont finalement les vrais résistants désintéressés ? Souvent ceux arrêtés, torturés, déportés ou fusillés, bien d’autres aussi mais cette trilogie remet les choses en place. Une reconstitution bien menée de l’action clandestine sous occupation avec des personnages qui ne sont pas lisses. Avec en prime un volet sentimental bien venu. Comme aussi le rappel de ces Espagnols de la Nueve qui ont été les premiers alliés à entrer dans Paris.

Les Zazous, Tome 3, Every time we say goodbye, Glénat, 14,50 €

Partager

Articles récents

Quand j’étais petite je rêvais d’être une muse, pas gagné d’avance

Il y a des destins qui interpellent des vocations qui sont des sacerdoces. Ou presque,…

14 août 2026

Mustang, une bagnole de réve pour un road-trip mouvementé

Allez on s'offre un petit coup de nostalgie en souvenir d'un San Diego-Los Angeles années…

14 août 2026

Le Cabaret Vert du 20 au 23 août 2026 c’est aussi de la BD et des prix

Les festivaliers de Charleville-Mézières le savent bien car comme le dit son communiqué, les planches,…

13 août 2026

L’Elu, l’entreprise et ses coutumes

Un album qui amène mine de rien vers des chemins tortueux sur une mise en…

13 août 2026

Bilan de la 12e édition 2026 de Partir en Livre le succès du grand festival estival du livre jeunesse

Près de 6 800 événements partout en France pour donner envie de lire aux enfants,…

12 août 2026

Chien Bleu et autres belles histoires de l’école des loisirs diffusé au Forum des Images le 13 septembre 2026

Cinq albums originaux filmés et lus, projetés pour la première fois au cinéma. Construit autour…

12 août 2026