Comics

Alex Toth, de Creepy à Eerie avec Delirium

Un de ces recueils dont Delirium a le secret. Alex Toth a sévi dans les histoires courtes publiées dans Eerie et Creepy. Alex Toth est à mettre au même niveau que Eisner ou Kirby comme le fait très justement remarquer Jean Depelley dans sa postface. Mais c’est un auteur d’œuvres multiples (Frontline Combat) où il est passé de l’une à l’autre très vite. Donc difficile de le suivre. Il adaptera aussi des films en BD comme Rio Bravo. Sa vie de dessinateur voire de scénariste est d’une richesse incroyable. Son noir et blanc, ses lavis sont d’une redoutable efficacité comme on peut le voir avec ses travaux pour Eerie et Creepy. Horreur polar, guerre, sa palette est large. Il a collaboré tout au long de sa carrière avec les éditeurs majeurs de comics sur de nombreux titres DC Comics (Batman, Flash, Green Lantern, Atom, All-Star Comics…), Marvel Comics ou encore les éditions Warren (Creepy, Eerie, Vampirella, Blazing Combat). Dans l’animation il a notamment signé la série culte Space Ghost pour les studios de Hannah Barbera qu’il aura gratifié de tout un panel de superhéros devenus mythiques.

Une façon comme une autre de gagner de l’argent, certes peu légale, récupérer pour des anatomistes des cadavres dans les cimetières. Jusqu’au jour où la matière première manque. Et là il va falloir une solution qui pourrait bien surprendre les coupables. Comme aussi cet Alex Colby qui entend des voix qui lui demandent de les rejoindre. Que ce soit pendant un bal costumé, sur la terrasse, on n’échappe pas à son passé et à ses origines. Et si notre vie n’était qu’une succession de cauchemars. Asher finit par douter mais se réveille à chaque fois et décide d’en finir. Un accident ? Un voleur pris au piège d’une impasse et un mur qui cache un passage temporel et ses surprises. Un détective privé à la Bogart, un parc d’attraction, des meurtres, huit au total, un propriétaire pas net et donc des ennemis en puissance. Une enquête subtile pour une fin inattendue.

Que ce soit au dessin la plupart du temps, parfois au scénario de ces vingt et une nouvelles, Alex Toth a une maîtrise totale de la narration. Pas d’effets lourdingues, un style simple, à élégant et très réaliste, pour des thèmes divers qui marquent l’imaginaire du lecteur. Une fois de plus Delirium fait mouche dans ses choix de découverte éditoriale.

Eerie & Creepy présentent Alex Toth, Label Delirium, 25 €

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