Michel Durand en son temps habitait Montpellier ce qui a favorisé nos rencontres. Depuis il semblerait qu’il soit dans les P.O. ce qui est cela dit sans rapport avec son nouvel album, l’adaptation magistralement graphique du roman de Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer. Pas évident en fait et Durand a réussi à se plonger, à nous plonger dans une narration qui ne trahit en rien Hugo et s’appuie sur un style à base de gravures que n’aurait pas renié Gustave Doré. Un boulot d’enfer, remarquable et comme d’ailleurs la thématique du roman, la vie dure des pêcheurs des Îles de la Manche sans oublier une part romanesque qui accentue le drame. Un potentiel cadeau de Noël.
Les acteurs de ce conter à la fois moralisateur et tragique sont en place. Il va y avoir de la rumba dans l’air. Et tout ce petit monde jouera ses cartes, même la très charmante mais pas folle Déruchette. Il faut toujours qu’il y ait un dindon de la farce, en un mot, un pigeon. Très bel album parfaitement conçu avec un superbe dos toilé. 152 pages épiques que Michel Durand mène tambour battant, sans temps mort. Un bel exemple d’adaptation hors normes.
Les Travailleurs de la mer, Éditions Glénat, 35 €
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