Amère Russie, mère courage

Quand son fils Volodia, soldat dans l’armée russe, est muté en Tchétchénie, sa mère sait les dangers qu’il court. Sans nouvelles de lui, elle décide d’aller le chercher quand elle apprend qu’il est prisonnier des rebelles Tchétchènes et qu’ils ont promis de libérer leurs otages si leurs mères viennent les chercher. Amère Russie (Grand Angle) est la quête à la fois désespérée et courageuse d’une mère prête à tout dans le difficile contexte d’une lutte pour l’indépendance.

Amère RussieEkaterina Kitaëv n’a qu’un fils qui a été appelé dans l’armée russe. Ce qui n’est déjà pas une partie de plaisir. En prime on l’a envoyé en Tchétchénie où la guerre gronde dans ces années quatre-vingt-dix. Elle apprend qu’il est prisonnier et peut être libéré si elle rejoint les rebelles et un certain Bassaïev, leur leader. Seule, flanquée de son chien Milyi, Ekaterina prend la route vers ce bout du monde oublié de tous, en plein hiver. Un chemin de croix pour cette mère dans un pays dévasté, pauvre et où toutes les violences sont permises d’un côté comme de l’autre.

Un premier tome (il y en aura deux) d’une rare intensité. Le couple formé par cette femme et son chien dont le seul but est de retrouver un fils est pathétique car totalement vraie, plausible. On se souvient peu de cette guerre, de ces amazones qui combattent comme tireurs d’élite contre les Russes. Aurélien Ducoudray a écrit un récit qui sait jongler avec la plus intime terreur, la violence pure et l’humour noir certes. La mère est humaine, d’un rare courage. Le dessin d’Anlor a un petit quelque chose de Sokal. Elle équilibre parfaitement les scènes et son trait a vraiment des qualités. Cet album, après Les Innocents Coupables, montre sa maturité graphique. On attend la suite et la fin avec impatience.

Amère Russie, Tome 1, Les Amazones de Bassaïev, Grand Angle, 13,90 €

Les Amazones de Bassaïev