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Donny Diner, fantasme culinaire étoilé

Une nouvelle collection au titre évocateur et qui annonce les saveurs, Cantina, chez Dargaud. Premier titre, Donny Diner, une virée dans l’univers du burger plus ou moins revisité à la française mais pour faire croire qu’on est aux USA. Pochep a fait dans l’humour qui décoiffe, qui remet les pendules à l’heure. Les signes du zodiaque au secours de la frite, fallait trouver. Le dessin est aussi goûteux. Et les portions de cette drôle d’étude sur le fast-foot burger généreuses.

Des touristes, une famille qui part avec les gosses en vacances. On a faim, ça hurle les mouflets sur l’autoroute. Coup d’oeil sur les téléphones, Trip machin et les adresses de restos fusent. Mais il y en a une qui ne fait pas recette, le Donny Diner, copie conforme des burgers américains. Décor, musique, personnel, et bouffe pour ce Donny au bord de l’A13. On tente tout même de reconstituer la Devil’s tower en purée de Rencontre du Troisième Type. Golden Gate en saucisses, Mylène la cuistot fait pour le mieux mais rien ne marche, pas de clients mais le thème astral du Dony est favorable, dixit le serveur. Sauf que les avis, les notes laissées par les clients sont un désastre. On leur livre toute une série d’objets vintage achetés par le patron, Ludovic. Qui avec ses jumelles piste les voitures sur l’autoroute. Pas une vers chez lui. Alors qu’il a des French Fries cinq étoiles avec de la pomme de terre US d’origine. Il en rêve de la Californie, Vegas, et a mis le paquet pour l’ambiance. Pourtant des clients débarquent mais il en fait trop et leur fait peur.

God bless America, enfin de nos jours faut voir. Va falloir tout revoir justement car il y a malaise au Donny Diner. Chantal donne son avis. Il faut laisser le client tranquille, il s’en tape des leçons d’américanisme primaire. Ludo il aurait bien voulu imposer son fantasme étoilé. Et raconte sa vie, son enfance au centre commercial du coin avec les copains. Le flash avec MC Global et le refus parental de l’amener manger une bouffe pareille. Une sorte de psychanalyse culinaire, dont on est tous grosso modo les patients ou survivants en puissance. Peut-être un peu moins aujourd’hui que dans les années 70 à 80. Qui s’est arrêté dans un Mac aux USA, ou autre KFC,  et ensuite au retour a tenté l’aventure chez la version européenne ? C’est un peu ça Donny Diner, mais rien ne vaut la baraque à frites. A méditer.

Donny Diner, 168 pages, Dargaud, 23,95 €

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