Il n’en a pas fini avec son parcours hors normes, aventurier dans l’âme. On l’a connu trafiquant de pinard, de gros rouge pour les Poilus des tranchées. Un malfaisant Ferdinand Tirancourt mais doué et parfois sympa, belle âme au fond que Pelaez au scénario et Porcel au dessin (extraordinaire Dans mon village on mangeait des chats) ont envoyé à Cayenne dans le tome 2 de la trilogie. C’est malgré tout un sournois. Dans le tome 3, Pillard de guerre, viva Zapata, et Pancho Villa, on peut être un évadé du bagne, un truand mais aussi un révolutionnaire par hasard au Mexique en 1916. Restait plus que la touche finale, qu’il se retrouve embarqué dans le corps expéditionnaire US vers la France en 1917. C’est fait avec Dollars de guerre mais quelles raisons mystérieuses cachent ce soudain patriotisme que Porcel dont on a toujours apprécié le dessin met en scène.
Lafayette les voilà, depuis 1917 les GI’s se battent en France, un accord avec le général Pershing et Ferdinand se retrouve sous l’uniforme. Une sorte d’instructeur de la mentalité française. Pershing veut du sincère. Il est devenu le sergent Edmund Closeshot convoqué par un officier français. Une mission de plus qui met en jeu la sureté des communications, les codes ont été cassés. On lui adjoint un soldat US afro-américain et un Indien Choctaw. Virgil Fleetwood parle français, tireur d’élite et Talako Choctaw aussi sauf que personne ne parle sa langue. Il va falloir aller au front tester le système, des messages en Choctaw. Les Indiens n’ont pas la citoyenneté américaine et les Noirs ne montent pas au front. Ségrégation. Pas confiance des supérieurs qui les laissent être incorporés sous uniforme français. Massacre des Marines dans leur premier assaut. Talako raconte comment on américanise les enfants Choctaw.
La guerre s’éternise parce que chaque camp connait les intentions de l’ordre. Radio certes, mais intercepté, décrypté, Ferdinand sous tutelle et c’est parti. Le dessin, le soucis du détail, le scénario font de ces Dollars de guerre un album qui maîtrise totalement un sujet historique peu connu et remis en pratique pendant la seconde guerre mondiale. Les gaz, la mort en permanence, cette descente aux enfers sera-t-elle la dernière pour Ferdinand et quelle issue. Un album choc et une série d’exception.
Dollars de guerre T4, 56 pages, Grand Angle, 15,90 €
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