Leonov, première sortie seul dans l’espace

Un voyage vers les étoiles et non des moindres pour ce nouvel album chez Passés/Composés. Après Vésale, avec Paré au chevet d’Henri II ou Cutshin Creek, c’est Leonov l’astronaute soviétique dont Dobbs et Antonello Becciu au dessin racontent le destin d’exception. Rien ne le prédestinait en fait à être le premier homme à flotter seul dans l’espace. Un homme au caractère d’acier, complexe dans un régime dur, communiste verrouillé qui doit battre les USA dans la course vers la Lune pour des raisons avant tout politiques. Dobbs est un excellent scénariste, historien rompu à ce genre de sujets et Becciu dont c’est le premier album en France devrait avoir une belle carrière devant lui. Il donne une vie incroyable à cette aventure unique. Un album référence.

Leonov

Septembre 1959, une sonde soviétique s’écrase sur la Lune. Le Président Eisenhower est en colère. La Nasa s’est faite dépasser par l’URSS qui veut passer à l’étape suivante. Alexeï Leonov doit en faire partie même si il ne fait pas l’unanimité. 22 ans avant, le jeune Alexei et sa mère sont chassés car son père a été dénoncé comme ennemi du peuple. On ne rigole pas sous Staline. En 1965 la roue a tourné. Leonov s’entraine à Baïkonour sous l’œil de Gagarine. Leonov exige que ce soit Pavel Beliaïev son équipier. Un sale caractère mais incontournable Leonov. Le patron des vols, le concepteur en chef Pavlovitch le couvre et sait que lui seul peut-être le premier à sortir dans l’espace du vaisseau. Leonov comprend que ce ne sera pas simple et très dangereux.

Leonov

Top départ. La suite on la connait. Après un vol d’essai vide qui explose, second lancer mais une sortie réussie qui a faillit cependant très mal tourner car rentrer dans la capsule a été dur, le retour aussi. Jeunesse, passion pour l’aviation, pilote de chasse, Leonov a une volonté hors normes et un courage à la hauteur du défi. L’URSS sera dépassée par les USA. La Lune va lui échapper en 1969. Si on pense à ce qu’était la technique à l’époque par rapport à aujourd’hui, Leonov était un pionnier, un Blériot ou Mermoz par rapport à un Pesquet au demeurant génial, brillant mais servi par une technologie qui ne cesse de progresser. Idem pour Amstrong et ses équipiers. L’album est une parfaite remise à l’heure des pendules dont Leonov est la grande aiguille pour ceux qui ont vécu en direct ados cette grande épopée.

Leonov, Éditions Passés/Composés Biopic, 14,90 €

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