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Adieu Kharkov, Mylène Demongeot se livre en toute affection

On la connaît bien Mylène Demongeot, enfin pour sa carrière d’actrice, belle, célèbre, intelligente et attachante. Hier comme aujourd’hui, depuis Les Sorcières de Salem avec Montand, en passant en simplifiant par l’incontournable Fantômas avec son fiancé Jean Marais jusqu’à son retour dans Camping. On la suit comme une amie drôle et enjouée, loin du star système auquel s’accrochent bien d’autres actrices vieillissantes qui n’ont pas son succès et son talent. Par contre, de sa vie familiale, de ses origines on ne savait pas grand-chose. Dans Adieu Kharkov, avec la toute aussi brillante Catel, Mylène Demongeot raconte sa vie, celle de sa mère, des siens, avec au dessin très clair et souligné, charmeur quand il le faut, Claire Bouilhac. Et cela pourrait donner, hormis cette BD bouleversante et touchante, un merveilleux scénario de cinéma, une saga dont le casting reste bien sûr à inventer mais on a déjà les décors.

A la mort de son frère la mère de Mylène Demongeot, Claudia tombe gravement malade. Elle décide, poussée par Mylène, de revenir sur ses origines russes, sa naissance et son enfance à Kharkov qui va falloir quitter car la révolution va bientôt gronder. En parallèle de ce récit Mylène place le sien et dit les rapports difficiles qu’elle aura avec sa mère. Claudia va devoir affronter un père aux tendances incestueuses. Elle aura un enfant de son amoureux qui la laisse et part pour les USA. Après la Russie, ce sera Shanghai où aboutissent Claudia et sa sœur. Rien ne va arrêter Claudia dans ces concessions internationales où tout est possible pour une jeune femme déterminée qui veut un mari riche à tout prix. Mylène raconte, elle, sa carrière, ses amours, son mariage avec Marc Simenon. Claudia part en France. La suite verra bien sûr la naissance de Mylène.

Une vie d’une richesse extrême, se fuites, d’aventures, d’amours souvent calculés pour Claudia qui survit au siècle de la révolution à deux guerres mondiales en prenant des chemins de traverse les plus compliqués. Une volonté de fer la caractérise, Catel et Mylène Demongeot le montre bien comme aussi le dessin appuyé de son visage par Claire Bouilhac. On plonge dans la saga et on y reste en apnée tant les tableaux sont envoûtants.

Adieu Kharkov, Dupuis, 22 €

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