Comics

Deadbone Erotica, le chef d’oeuvre de Vaughn Bodé

Un superbe pavé avec une couverture qui dévoile tout le charme de cette série anglo-saxonne méconnue, Deadbone Erotica de Vaughn Bodé. Il faut dire que la rétrospective du label Delirium tombe bien comme d’ habitude. On va donc tout savoir sur cette saga qui repose sur les comic strips publiés dans le magazine Cavalier aux Etats-Unis.  Deadbone Erotica par les spécialistes est considérée comme le chef d’oeuvre de la bibliographie de ce dessinateur qu’on découvre au moins pour la majorité.

Vaughn Bodé a écrit et dessiné. La restauration numérique a été faite par AllanHarvey et lettrage, dessin, couleurs additionnelles sont de Mark Bodé. Laurent Lerner en a fait la préface, replace le tout dans son contexte pour lecteur éclairé. On est avec des lecteurs nés après la guerre qui vont découvrir un monde américain triomphal et avec une contre-culture libéré. Loin de ce que vivent les USA de nos jours. Il était interdit d’interdire ce qui explique les facilités de Bodé sans censure. Moebius le qualifiait de l’un des rayons de soleil de l’Amérique. Richard Corben était déprimé car il savait qu’il faudrait qu’il puisse atteindre le niveau de qualité de Bodépour devenir professionnel. Mark Bodé a écrit lui aussi une préface, fils de son père qui a mis au monde des personnages qui sont une famille pour lui.

On est inévitablement fasciné quand on se plonge dans ce gros bouquin coloré. Bodé ouvre le feu avec Deadbone, en décrit les contours, monde à la limite du paléolithique, plan de la cité, intérieur. Qui l’habite ? Des lézards, Mortdieu, Barbara Lune au chapeau de sorcière, la Trosse des montagnes, des nanas, Beurk Boucle ou Fourbinny Flop unique soldat de l’armée. Séries de strip ensuite après la galerie des personnages, images bordées par les textes. On sent que Bodé a influencé son monde. La couleur apparait sur des histouires en une planche. Le dessin est incontournable, séduisant, sexe et paroles crues comme on dit. En fait Bodé est un fan de la science-fiction et la représentation graphique de l’érotisme. Deadbone ERotica c’est la synthèse et donnera ce projet qui verra le jour entre la fin des années soixante et le milieu des années soixante-dix pour décrire le quotidien des habitants d’une montagne solitaire située un milliard d’années dans le passé. Comme on peut le lire « né en 1941, il est décédé en 1975 à peine âgé de 34 ans, peu après un passage remarqué au festival d’Angoulême. Il a marqué le monde de la BD et des arts visuels grâce à ses créations psychédéliques, de science-fiction et fantastiques ». Il ne faut pas passer à côté de cet OVNI intemporel. Postface de Jean-Paul Gabilliet.

Deadbone Erotica, 272 pages, Delirium, 40 €

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