Il y a eu le Dali de Julie Birmant et Clément Oubrerie qui ont parfaitement décliné le Maître inoubliable dans une biographie à la fois précise et réinventée, graphiquement enlevée, joyeuse et dramatique. Dali exulte pas dupe en fait, très tôt conscient de son talent hors normes qu’il va cultiver tout en lui laissant aussi le champ libre pour des compositions qui ne peuvent laisser indifférent. C’est un peu le même schéma que l’on retrouve dans Dali c’est moi de Ian Gibson (Judge Dredd) et Quique Palomo. Une documentation solide sur un génie qui n’a cessé de proclamer dès sa jeunesse qu’il en était un. Rien ne l’a jamais arrêté, pas même faire une publicité mythique pour le chocolat Lanvin et sa certitude que le gare de Perpignan était le centre du monde.

On sait qu’il était catalan, de Barcelone où était venu se réfugier la famille pour fuir le vent mauvais de Cadaquès qui faisait devenir fou. Le père de Dali déjà un Salvador intègre le lycée, puis adulte se plante financièrement et meurt, suicide à 36 ans. Salvador fait son droit, passe le notariat à Figueras. Il épouse Felipa. Salvador fils va porter le même prénom que celui de son frère ainé décédé. Jeune il a déjà de quoi se faire remarquer, un caractère infernal et tombe sur un professeur excentrique et novateur qui lui montre une boite optique de photos stéréoscopiques. Il aime la peinture, Picasso va venir les retrouver. Ramon Pachot aura une grande influence sur Dali qui l’imite pour ses peintures. Il sera peintre, le dit à sa mère, va à l’école de dessin de Figueras. Il est très timide, fait des malaises, simule. Il expose pour la première fois en 1918. Il crée avec d’autres le journal Studium. On le publie dans l’Emporda Federal et sa notoriété grimpe. Son père veut qu’il obtienne un diplôme de prof et travaillera comme un fou. Calculateur Dali, la talent ne suffit pas il faut impressionner. La mort de sa mère est un tournant, il obtiendra la gloire à tout prix.

Lorca assasiné, Gala, pas vraiment contre Franco, Madrid, Dali passe le concours de l’Académie Royale, est éblouit par la Prado qu’il prend comme école. Il rencontre Luis Bunuel. On retiendra Un chien andalou est court métrage hispano–français muet et sonorisé surréaliste, réalisé par le cinéaste espagnol Luis Buñuel et par Salvador Dalí, sorti en 1929. Un révolté Dali, expulsé de l’académie. Il ira en prison sous Primo de Rivera. Breton sort le Manifeste du surréalisme. Dali est très proche de Federico. Dali décolle. Dali est une légende bien orchestrée, géniale on l’a dit. Cet album se dévore tant le personnage est unique, déstabilisant. On ne peut s’empêcher d’être séduit par cet agitateur de l’art qui l’aura marqué à jamais.
Dali c’est moi, 152 pages, Steinkis, 22 €

Articles similaires
Un séducteur qui a peur, un génie qui n'est pas fou, un amoureux transi, le…
La suite d'Infiltrés de Sylvain Runberg et Olivier Truc. Un thriller politique sur fond d'extrême-droite…
Le défi était de taille. James Joyce est un incontournable de la littérature mondiale, un…
Une biographie de Dali, toute en finesse, en sincérité, signée par Baudoin, et cela à…
Léonard n'en fait qu'à sa tête qu'il a bien pleine. Cette fois, pour son 51e…
C'est de saison et même les génies déconfinés peuvent partir en vacances. D'où le thème…
Un retour vers un roman graphique déjà un peu ancien mais qui vaut qu'on y…
Ah, la gare de Perpignan, Cadaquès, Gala et le homard, cette fois ont le sait…