Une adaptation pleinement réussie, celle du roman de Richard Malka (avocat de Charlie Hebdo et de bien d’autres affaires, dont le premier scénario avait été L’Ordre de Cicéron). Le Voleur d’amour par Yannick Corboz qui a pu montrer une fois de plus toute l’ampleur de son talent. Une œuvre où le fantastique a largement sa place pour un assoiffée d’amour qui en fait sa nourriture vitale. On n’est pas loin sous une forme plus romantique et douce de Dracula. Richard Malka a écrit un très beau roman que la BD aidera sûrement à faire découvrir à de nouveaux lecteurs.
Qui est donc Adrian ? Comment fait-il pour ne vivre que d’amour celui qu’il aspire dans l’âme des autres, c’est sa nourriture dont il peut saisir toutes les nuances, les subtilités dans un seul baiser. Il ne sait jamais si son repas sera copieux ou frugal. Une balade dramatique de Venise, Constantinople, Paris à New York en deux siècles immortalité oblige. La beauté du diable qui là aussi a du Méphisto en lui. C’est la qualité de la mise en scène, son souffle, les traits et les couleurs de Corboz, la richesse du bouquin somptueusement relié qui font de ce Voleur d’amour un grand moment artistique. Un travail de création assez unique pour un héros qui sème la tristesse. Anna miroir du grand amour de sa vie va-t-elle le sauver ? Chaque case de Yannick Corboz est un moment unique où l’amour est la clé de tout.
Le Voleur d’amour, Éditions Glénat, 36 €
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