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Contrapaso T2, silence on tourne

Contrapaso T2 sort après quatre ans d’attente. Dans le tome 1 on avait découvert en toile de fond de cet très original polar l’Espagne franquiste des années 50, un fascisme presque ordinaire plus ou moins accepté par l’Europe et les USA qui y ont vu l’endroit idéal, sûr pour y implanter leurs bases militaires. Et y tourner des films qui sont cette fois le décor de ce tome 2, Pour adultes avec réserves. Les deux journalistes, un flic qui n’a pas vendu son âme au diable franquiste vont avoir un tueur en série à trouver déjà présent dans le premier album dont la couverture a été changée pour la réédition en l’honneur de Aire Noire la nouvelle collection de Dupuis.

 

Il rode toujours le tueur en série du premier tome. Février 1956 au journal La Capitale, seizième cadavre retrouvé, une jeune femme. Sanz le journaliste poursuit le tueur depuis des années qui tue chaque fois différemment. Lenoir trouve pourtant des indices dont des cordes sur les photos des scènes de crime. Prochain reportage pour le duo une réception au Hilton en l’honneur d’Américains qui viennent tourner un film. Retour sur les cordes qui formeraient des lettres et donc des mots. Mais un cadavre de plus s’ajoute donc à la liste dans un cinéma de plein air, Consuelo une prostituée. Le légiste et sa fille Charo qui l’assiste sont sur place. Le tueur aussi qui prend la jeune file en otage et la menace, tire. Une mise en scène avec le flic Casado, Sanz excité. Une phrase de l’assassin, « Amis on est personne et vous encore moins ». Léon a des flashs qui le ramènent à sa jeunesse, lui le neveu de général franquiste. Le duo débarque dans une zone de non droit pour trouver une trace de Consuelo. Une gamine délurée lui fait visiter les lieux où une équipe de cinéma qui s’enfuit semblait tourner un film.

Un album charge avec le passé de Léon proche de Paloma sa cousine, ils sont amoureux mais résistent. Le décor de l’Espagne franquiste est primordial. Une pellicule qui pourrait être la clé de l’affaire, on est sur un récit qu’il faut bien absorber avec toute sa richesse, complexité même. Léon le beau brun, Sanz le pro qui veut la vérité à tout prix, la misère sociale, la vision d’un cinéma sous tutelle d’état et de l’Eglise, la part historique remet en place les contraintes d’une époque qui va durer jusqu’à la mort du Caudillo. Teresa Valero sur 180 pages se sert de son intrigue pour ajouter une page noire à l’histoire de l’Espagne où tout est à vendre. Léon va y laisser des plumes et le coeur. Le suspense demeure sur le tueur. Un dossier documenté clôture l’album et revient sur la réalité espagnole des faits décrits. Un album encore à venir.

Contrapaso T2, 192 pages, Aire Noire, 27,95 €

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