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Gentlemind, Bas les masques

Il nous l’avait annoncé il y a deux ans à Angoulême dans une interview. Après Greenwich Village et Adam Clarks ou La Fleur dans l’atelier de Mondrian (Glénat) avec Jean-Philippe Peyraud, Antonio Lapone est au dessin de Gentlemind, avec Juan Díaz Canales et Teresa Valero au scénario chez Dargaud. Comme toujours avec Lapone, c’est un feu d’artifice graphique d’autant que Canales et Valeo lui ont offert le cadre idéal pour son coup de crayon nerveux, le New York de la grande Presse dans les années 40 avec une touche de Mad Men pour faire le compte. Un tome 1 qui passe en revue le monde de la presse écrite à grand tirage avec ses ténors et patrons de choc.

Navit est belle, amoureuse d’un dessinateur en manque de commandes, Arch. On est en 1939. Arch sonne avec ses dessins à tous les portes des journaux new-yorkais. Il rencontre Powell un magnat propriétaire de Gentlemind truffé de pin-up. Quand il découvre un dessin de Navit il exige pour embaucher Arch qu’il la lui présente. Ce qu’il finit par faire. Un an plus tard le grand avocat Waldo Trigo gagne des causes injustes et finit par ne plus le supporter. Sa sœur est bien d’accord avec lui malgré la fortune familiale. Waldo craque en pleine audience et devient le défenseur des paumés écrasés. Navit va faire un choix crucial et épouse le vieux Powell sans se douter que sa route croisera bientôt celle de Trigo.

Il faut ne pas trop rentrer pour en sauver tout le suspens, dans les détails de ce Citizen non pas Kane mais Navit, une sorte de Meryl Streep des Pentagon papers. Le panorama new-yorkais est enthousiasmant proche des longs-métrages de l’époque comme Bas les masques. Tous le coups sont permis, sans pitié, pour l’argent avant tout mais la Presse est encore un pouvoir incontournable. Gentlemind en sera à sa façon le symbole bien avant Playboy sans être pour autant une revue érotique, la pub attaque en force et les USA sont en guerre. Arch Parker est à lui seul un personnage de haut vol. Gentlemind deviendra-t-il un magazine incontournable ? On sent presque l’encre des salles de rédaction et qui est l’écrivain mystérieux ? Superbement ficelé ce premier tome qui sort le 21 août, une merveilleuse comédie dramatique.

Gentlemind, Tome 1, Dargaud, 18 €

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