Candy Superstar, une époque oubliée

 

Même si on est un enfant des sixties, si on a vu Flesh au cinéma, ou Macadam Cowboy, si on connait bien Warhol ou Jim Morrison, Lou Reed, Candy Darling est passée sous les radars et pour son rôle de muse au sein du Velvet qui n’a pas été négligeable. Candy Superstar lui rend en fait hommage, la fait découvrir pour la plupart à travers cette biographie romancée que l’on doit à Claire Translate au scénario et à Livio Bernardo au dessin. Un parcours difficile pour Candy première actrice trans aux USA. On est en 1963, John Kennedy sera assassiné en novembre.

Juin 1963 à New York, deux copines trans dont Holly parlent des hommes, des dangers encourus. Quand passe la belle Candy agressée par un garçon dans ce quartier très chaud. Candy rentre chez elle. Juillet 1963 Holly va chez Candy. Pas la joie car Candy trans est l’objet de menaces. Elle est folle de cinéma, sait aussi que la police les humilie avec des règles strictes. Greenwich village septembre 1963, la ségrégation anti-trans est violente. Histoires d’amour aussi, liaisons mais obligation pour travailler de se dissimuler. Médecins pour hormones, les regards des autres, la vie est dure.

On traine un peu pour en arriver à la Factory et un ouvrage destiné à Warhol au titre suggestif. S’enchaine ensuite les noms les plus connus de l’époque, Lou Reed et autres Nico. On suit chronologiquement de 1963 à 1972 l’histoire de Candy jusqu’au sommet de sa gloire à travers le New York underground des années 60-70 qui reste une étape importante du pop art. Même si il y avait des contraintes quoiqu’on en pense cette Amérique était plus ouverte que celle de Trump de nos jours. Un bon dossier en fin d’album.

Candy Superstar, 296 pages, Delcourt Encrages, 29,95 €

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