Calle Malaga, un suspense en nuances

Les polars se suivent et ne se ressemblent pas. Avec Calle Malaga, Mark Eacersall (Pitcairn) signe une oeuvre très contemplative, presque silencieuse, aux dialogues succincts et qui fait mouche pourtant car très bien écrite et superbement mise en images par James Blondel. Un suspense progressif, intimiste ce qui n’empêche en rien le poids de l’intrigue. Un duo se forme. Hasard ? Pourquoi pas. Les apparences sont parfois trompeuses mais allez savoir. Surprise.

Une plage, des collines et un type en survêtement, avec capuche. Il prend un café et évite l’arnaque d’un gamin qui a essayé de lui voler son téléphone. Balade silencieuse dans la ville, arrivé du type, Saïd dans un appartement et un voisin rondouillard qui débarque sac à dos. Il a loué pour les vacances un appartement à côté du sien. Pistolet au poing, le type vérifie qu’il n’y a pas d’embrouilles avant de faire venir dans un hôtel une cal-girl. Une Espagnole. De retour chez lui le petit gros tape à sa porte qui a besoin d’un tire-bouchon. L’autre fait le mort et découvre dans un journal qu’on parle d’une évasion de braqueurs qui ont planqué leur butin. Il se sent surveillé et en rentrant copine finalement avec son voisin qui lui vante les mérites, la beauté d’une balade dans la montagne, la Sierra. Il est prof de biologie et adore les plantes.

On pense au Tueur, à Matz avec cette ballade hispanique. On se doute bien que le duo n’est pas réuni que pour faire de la figuration. Mais attention aux fausses piste car il est doué Eacersall. Jusqu’où iront les deux hommes ?  Très bien ficelé ce polar qui a en prime une morale et un clin d’oeil au hasard qui fait bien les choses. Le trait, les ambiances de Blondel apporte beaucoup  à l’album.

Calle Malaga, Grand Angle, 16,90 €

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