Gravé dans le sable, le prix du sang

On avait annoncé la création de la maison d’édition Philéas et son souhait de mettre en cases, bulles des grands titres du roman contemporain. Deux titres viennent de sortir dont une adaptation d’après Bussi, Gravé dans le sable. Une histoire qui associe, dans un thriller, la grande Histoire avec le débarquement du 6 juin 1944 et une sordide affaire de prime à la mort, le prix d’une vie pour laquelle il va y avoir concurrence pour récupérer le magot. Une intrigue bien ficelée par Michel Bussi et qui a été scénarisée par Jérôme Derache, dessinée par Cédric Fernandez que l’on avait rencontré il y a quelques années à BD Plage Sète.

Gravé dans le sable

Le 6 juin 1944, les Rangers américains ont comme objectif la Pointe Guillaume (en fait la Pointe du Hoc), en haut d’une falaise protégée par un mur en béton infranchissable. Une vraie mission suicide pour laquelle on tire au sort la première vague sacrifiée. Chaque GI’s a un numéro. Lucky est en tête et se fait tuer. Mais les Rangers passent et l’un d’eux, Alan, blessé, est secouru par des civils français. La fiancée de Lucky, Alice, vient se recueillir sur place quelque temps plus tard. Alan semble la reconnaître et avoue à son amie française que son copain Lucky avait choisi son destin. Vingt ans plus tard Alan rentre aux USA et est renversé par une voiture. En 1964, Alice revient en France et rencontre des amis de Lucky qui lui avouent la vérité. Lucky n’aurait pas dû mourir.

On laisse le suspense flotter car tout va ensuite tourner autour de cette mort monnayée. Bussi a su rebattre les cartes, multiplier les pistes et éviter l’évidence jusqu’à la fin. Derache a bien pris la suite et on s’accroche aux pages, on est avec Alice, le mystère s’épaissit. Qui sont les gentils, les méchants ? Un détective privé sentimental, un tueur vieille école et une sénatrice prête à tout pour sauver l’honneur de la famille, la galerie des personnages est subtilement composée. Le tout se laisse très facilement dévorer et le dessin de Fernandez est cadré. Bonne reconstitution aussi des années 60.

Gravé dans le sable, Éditions Philéas, 19,90 €

Gravé dans le sable