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Le Sarde, rédemption sur le fil

Loulou Dedola est un excellent scénariste qui ne fait pas dans la dentelle, ni dans le facile. Les banlieues lyonnaises, la communauté turque, l’activisme politique, c’était dans l’excellent Jeu d’ombres accompagné par Merwan. Il nous avait aussi fait redécouvrir brillamment Atatürk dans le Père Turc. Avec Le Sarde c’est toujours à Lyon qu’il nous embarque pour retrouver une mafia aussi bien calabraise que locale, mortelle, atrocement violente et dont ne doit à priori sortir que le mal. Sauf que, parfois, il peut y avoir espoir parmi la boue. Mais c’est dangereux d’y croire. Lelio Bonaccorso était déjà avec Dedola pour Atatürk. Le duo est très efficace et tient aux tripes son lecteur dans un univers qui met très mal à l’aise parce que vrai et crédible.

Le Sarde, Giacomino, travaille pour la maffia calabraise implantée sur la région lyonnaise. Il a protégé le neveu de Domenico, le capo crimine. Le Sarde est un négociateur qui préfère la diplomatie aux flingues. Et aime le foot. Son frère aurait pu être un grand joueur. Mais aujourd’hui il a un risque de guerre des gangs à gérer. Le capo le remercie et lui présente un agent de joueurs, Donogrio. Des livraisons de drogue vont avoir lieu mais il faut revoir réseaux et hiérarchie. La concurrence est dure. Les caïds de banlieue servent la famille mais il faut s’intéresser à Grenoble qui pourrait lui échapper. Il faut renverser les Siciliens avant que le chaos ne règne. Le Sarde a carte blanche. Il va pouvoir abattre ses cartes et truquer son jeu.

Vaux-en-Velin, La Grappinière, Dedola connait le terrain. Les ambitions des truands sont infinies et sans pitié. Le Sarde va manipuler sans oublier son propre passé, sanglant et dramatique. Et avoir un coup de cœur pour un jeune joueur, Laurent, qui pourrait bien ressembler à celui qu’il a été. Manipulateur, beau gosse, tranchant comme l’acier mais un brin sentimental, le Sarde est dans la grande tradition du polar noir. On pense à Delon dans le Samouraï, au Clan des Siciliens, à French Connection. Du solide sur un dessin à la froideur réaliste nécessaire du sujet. Un thriller haut de gamme.

Le Sarde, Glénat, 19 €

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