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Carole, parcours à la recherche d’un petit fantôme

Un voyage à objectif familial qui va tourner en voyage initiatique, historique et politique en phase avec l’actualité d’aujourd’hui, la réélection du président turc Erdogan déjà présent, cause de tensions à l’époque où se passe l’album, en 2013. Carole c’est le prénom d’un petit fantôme que deux frères vont chercher, une autobiographie de Clément C. Fabre sur les rives du Bosphore, qui parle du génocide arménien et à travers un brouillard entretenu plus ou moins volontairement par les siens. Un dessin qui captive, charme et émeut.

Robin et Clément sont dans un cimetière turc. Ils cherchent la tombe de Carole Mesropoglu décédée en 1954. Inconnue mais c’est aussi l’occasion de revoir les lieux où vivaient leurs grands-parents. On est en 2013. Clément se souvient de ses échanges avec son psy, ses souvenirs d’un train, celui peut-être de son grand-père maternel venu de Turquie. Il était Arménien et fuyait le génocide. Ce qui n’intéresse pas vraiment Clément, choque son psy qui est juif. Il lui conseille d’interroger ses grands-parents. Avec son frère dans le train ils sont partis chez leurs parents. Et évoque le souvenir de Carole, première fille à Istanbul des grands-parents, et décédée. Sa tombe aurait disparue. Désormais Clément n’a plus que ça en tête, comme un deuil à refaire. Il décide son frère à aller en Turquie qui lui aussi y a pensé. Les grands-parents ouvrent les albums photos, l’arbre généalogique. Où il y a Carole. Robin pense qu’il pourrait faire une BD de ce voyage.

La suite c’est effectivement une BD, généreuse, sur le thème de l’identité qui obsède l’auteur. On a un reportage sur la Turquie en toile de fond, et sur Istanbul. Sans oublier les origines arméniennes volontairement effacées préconisées par Ataturk en changeant de nom pour une meilleure intégration turque. Une enquête très personnelle que mène les deux frères tout au long des 224 pages. Un journal de famille et une thérapie, en fait dessiné, grande et petite histoire, pour une Carole (presque) invisible. Un lent et joli parcours et qu’il faut savoir emprunter car il le mérite avec les deux frères.

Carole, ce que nous laissons derrière nous, Dargaud, 24 €

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