Albums

Vent mauvais, le doux murmure des éoliennes

Un Parisien bon teint qui décide d’aller s’installer à la campagne (non, Cati Baur a fait son album avant le confinement) histoire de refaire sa vie, trouver l’inspiration pour son prochain scénario. Ras le bol de la capitale, de son environnement agressif et vive les éoliennes qui bordent sa nouvelle maison. Dire qu’il a fait le bon choix serait peut-être excessif mais bon, reste à espérer que nul Vent mauvais ne se mettra à souffler. Une comédie dramatique de mœurs très détaillée, pas aussi légère qu’il pourrait y paraître, une satire bien tournée et pleine d’imprévues, Cati Baur (après Quatre sœurs) replonge dans un vaudeville très actuel, un brin branché qu’on verrait bien aller faire un tour sur grand écran. Tous les ingrédients sont là.

Béranger a fait un film qui a cassé la baraque et depuis il rame pour écrire son prochain scénario. Il a une ex-femme tyrannique, une copine qui ne le sort pas en public, deux filles ados aux pulsions exacerbées et du bide. Comme il va se faire virer de l’appartement parisien qu’il squatte et qui est à son ex, il se dit qu’aller hop à la campagne, il y a pire. Il n’a pas vraiment les moyens et s’offre une fermette dans un champ d’éoliennes. Ses copains le prennent pour un jobard mais Paris, après les attentats, c’est plus vivable. Des débuts en douceur, une jolie voisine un brin hippie Marjolaine qui a un bus bibliothèque et des parents bizarres, le bar du village et le comité contre ces saloperies d’éoliennes qui rendent jobard. Sauf que c’est le père de Marjolaine qui a loué ses champs pour les monstres à hélice. Ce qui a déplu dans le bourg. Il prend le tout le Béranger et retrouve même le goût pour l’écriture.

Un peu classique ce Vent mauvais, avec son quadra qui a une envie de Larzac et ses états d’âmes, avec ses personnages dont on peut parfois prévoir à l’avance ce qu’ils vont dire ou faire. Par contre, il y a un certain suspense dans le déroulé bien ficelé. On est entre gens de bonne compagnie à moins que les plombs lâchent dans la cambrousse. Ah les éoliennes. A force de jouer au scrabble il y a de quoi. Cati Baur assure avec talent texte, dessin et couleurs. Une ballade sympathique sans prise de tête.

Vent mauvais, Rue de Sèvres, 22 €

Partager

Articles récents

Maison Croâ Croâ, la magie des grenouilles

Une leçon de philosophie, d'écoute de soi et de découverte, Maison Croâ Croâ n'est pas…

24 juin 2026

La tapisserie Salammbô d’après l’œuvre de Philippe Druillet dévoilée le 26 juin 2026 à Aubusson

À Aubusson, le vendredi 26 juin 2026, la Cité internationale de la tapisserie dévoilera une…

23 juin 2026

Saboteuses T5, pièges mortels

Elles continuent à risquer leur vie en France occupée. Elles ont été parachutées par le…

23 juin 2026

Un trio de choix chez Maghen avec Joël Parnotte, Warnauts & Raives du 24 juin au 29 août 2026

Du 24 juin au 29 août, pour sa dernière exposition de la saison, la galerie…

22 juin 2026

Moïse T1, un bébé et un couffin

C'est peut-être le personnage le plus connu de la Bible. Trouvé dans un couffin à…

22 juin 2026

La BD toute une histoire en images par Jacques Terpant pour Sainte-Enimie 2026 les 27 et 28 juin

Une réflexion illustrée et féminine de Jacques Terpant , une symphonie de dessins, de textes,…

21 juin 2026