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Aspirine, Sfar et sa jeune vampire parisienne

La vie est particulièrement naze, même pour une vampire. Surtout si on est bloquée à l’âge de 17 ans et qu’on essaye en vain de dépasser le stade de l’adolescence, sans grand succès. Et être en perpétuelle rébellion n’est pas de tout repos. Déjà présente dans la série Grand Vampire de Sfar, Aspirine méritait d’être mise sur le devant de la scène et pouvoir évoluer dans un album éponyme. Transformée en vampire à l’âge de 17 ans, âge ingrat par excellence où tout n’est que ressentiment et remise en question, forcément son tempérament s’en est ressenti. D’autant que sa sœur, Josacyne, a eu l’avantage de devenir vampire à 23 ans au sommet de sa beauté et de son pouvoir de séduction. Par Sidney TRUC.

Tout en suivant des cours de philo à la Sorbonne, Aspirine passe ses nerfs sur tout ce qui passe, les hommes qu’elle trouve lourd et qui font au demeurant un délicieux encas du soir, grâce au nombre croissant que sa grande sœur ramène à la maison. Parlons-en de sa sœur qui ne comprend pas le côté furibard d’Aspirine et souhaite qu’elle s’assagisse. Mais comment trouver la sérénité en étant bloquée à l’adolescence ? Pour autant, elle semble attiser la curiosité d’Yidgor qui suit le même cours de philo qu’elle. Un espèce d’ado attardé mi-gothique mi—geek qui s’ébat dans une autre réalité et attend de vivre quelque chose de magique et de fantastique. Parviendra-t-il à calmer la belle ou finira-t-il en buffet ? Ou au final sera-t-il plus destructeur qu’Aspirine ?

Petit dernier de Joann Sfar, Aspirine, est un album de 130 pages, développant les aventures et les réflexions de son héroïne. Avec un scénario original, on se plonge dans l’univers d’Aspirine évoluant dans un Paris légèrement fantasmé. Les dessins sont sombres voir sanguinolents mais tout à fait adaptés à l’histoire bien rythmée. Il y a de l’humour présent et l’héroïne malgré son côté punk, rageur et à la limite du vulgaire par moment, est attachante. On éprouve de l’empathie pour ce petit bout de femme qui essaye de lutter contre sa nature première. Ça part un peu dans tous les sens, ce qui est assez propre à Sfar. Brillant tant en terme de scénario que de dessins mais on peut très vite perdre le fil et ne plus vraiment comprendre où a voulu en venir l’auteur. A conseiller peut être plus aux lecteurs avertis et déjà habitués au style de Sfar. Toujours est-il que c’est un très bel album, qu’on a plaisir à le lire et à admirer les dessins toujours aussi envoûtants.

Aspirine, Rue de Sèvres, 16 €

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