C’est assez curieux mais fréquent comme démarche scénaristique, copier-coller un évènement historique sûrement méconnu par les plus jeunes et le reconditionner, identité, personnages secondaires pour en faire, cette fois, un nouvel épisode de American Parano, Manhattan Trauma tout en en conservant les grandes lignes. C’est aussi le but de la série qui revendique de s’appuyer sur les grands faits mythiques américains. Hervé Bourhis au scénario envoie Kim Tyler gérer une affaire qui va la dépasser, à savoir la protection en 1968 d’un candidat à la présidence dont le frère, lui, a été assassiné pendant son mandat. On fait court : John Kennedy en novembre 1963 à Dallas et Bob Kennedy le 5 juin 1968 à Los Angeles (peu après Luther King), marié à Eunice avec une tribu de gamins. Il y a même le patriarche Joseph Kennedy peu recommandable sur son fauteuil roulant et Jackie qui fait de la figuration. Alors qu’en penser car il y a évidemment suspense et rebondissement, ce serait sinon trop facile. Dessin toujours dans le ton de Varela et très documenté.

Le 5 juin 1968 à New York Bob Cavendish est abattu en plein discours. Droits civiques, guerre du Vietnam, il meurt Bobby sous les yeux de Kim Tyler envoyé il y a quinze jours de San Francisco pour le protéger. Ce qui agace le FBI. Elle avait été convoqué à la permanence de Cavendish par Tom Persons son directeur de campagne et croise au passage de drôles de type. Le candidat adverse (Nixon en fait) n’a pas la cote et Cavendish a remporté les primaires de Californie. Kim est chargé de sa protection pour qu’il ne soit pas abattu comme son frère. Elle accepte. Tout en s’occupant de son fils bébé chez sa tante. Kim obtient la collaboration forcée de la police new yorkaise. Elle est invitée dans la propriété du clan à Cap Tuna où est Bob, sa femme, des fous de voile (détail là aussi vrai). Elle lui raconte Dallas, Jackie ensanglantée dans la décapotable, la met en garde contre le patriarche, lui parle de Mary-Jane.

Il y a grosse anguille sous roche et Kim met son petit nez là où il ne faut pas. Le suspens est bien mené, un clin d’oeil à Andy Warhol, Dick Milhouse alias Nixon, le Guggenheim Museum, elle a du caractère la Kim. Il y a bien eu aussi un Cavendish qui a épousé une Kennedy. On reste là encore dans un environnement historique. Le tout se tient bien surtout pour ceux qui ont vécu, jeunes la saga Kennedy.
American Parano T3, Manhattan Trauma, 64 pages, Dupuis, 17,50 €

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