Ce qui nous sépare, bilan en forme d’espoir

Hélène Aldeguer avait déjà signé Après le printemps pour montrer la désillusion des jeunes Tunisiens deux ans après le printemps arabe de 2011 en Tunisie. Cette fois, dans Ce qui nous sépare, elle raconte la vie de Bilal, jeune étudiant tunisien qui est en fac en France, son quotidien, le racisme ordinaire qui le touche, ses amis, sa copine, sa sœur qui aimerait le rejoindre, un drame qui va le toucher de près. Une vie en dents de scie, des espoirs, des désillusions, Bilal comprend que là où il voyait des possibilités fantastiques il y a les préjugés et une volonté de plus en évidente de rejet identitaire nationaliste. Un bilan dont on ne peut que craindre que la crise actuelle sanitaire traversée par la France, l’Europe, ne fasse qu’accentuer de façon terrible ces sentiments de rejet liés aussi à la chute libre économique. Hélène Aldeguer est peut-être, et malheureusement, en dessous de ce que pourrait être bientôt la vérité. Sortie le 27 mai.

Ce qui nous sépare

Bilal est un jeune Tunisien qui est venu faire ses études en France, un Master d’Histoire. Sa sœur est resté en Tunisie, elle est en fac et aimerait pouvoir rejoindre son frère. Mais Bilal se heurte à des préjugés autour de sa religion même parmi ses amis Français. Quelle différence entre expatrié et immigré ? Bilal a du mal à saisir la différence. Il faut être blanc pour être expat ? Conflit avec sa copine Léa. Bilal se souvient de son départ de Tunis alors qu’il rejoint ses amis Tunisiens pour faire du sport. Il leur dit son malaise et aussi à Léa. Il faut de l’argent même avec une bourse pour venir faire ses études en France et être tout juste toléré. Bilal est brillant, ce qu’on remarqué ses profs. Il se demande aussi ce qu’est devenu le printemps arable de 2011 ? Cinq ans plus tard des manifestations embrasent le pays. Et un drame soudain le frappe.

Ce qui nous sépare

Des constats, une réalité incontournable, on le sait, il n’y a rien dans le récit de Hélène Aldeguer qui ne soit hors propos. On comprend aussi la frustration ressentie à la récupération des mouvements de 2011 dans un pays où les classes dirigeantes n’ont jamais vraiment quitté le pouvoir. Les migrants qui se noient en Méditerranée sont aussi là, dans ces pages sensibles et émouvantes. Le constat n’est pas brillant même si il faut garder l’espoir au cœur ce que suggère Hélène Aldeguer avec son trait simple et pertinent.

Ce qui nous sépare, Futuropolis, 18 €