On revient (avec du retard) sur le dernier acte des Fils d’El Topo, le tome 3, qui clôture un univers que seul le talent, le génie, d’Alejandro Jodorowsky avait pu créer. Le renouveau, c’est le souffle de Jodorowsky qui a su reconstruire un art figé incapable souvent de le faire par lui-même. L’Incal, Bouncer, au cinéma avec Dune, Poésie sans fin, et bien sûr El Topo auquel pour lui donner une suite Jodorowsky a choisi la BD avec un western déjanté et surréaliste qui réécrit finalement de concert la Bible et le western spaghetti. Rien n’arrête Jodo et donc non plus ses personnages nés de son imagination à la fois flamboyante et loufoque. Attention, plus dure sera la chute.
On fête Saint-Père de l’or dans la bourgade où arrivent Abel et Lilith. Et pour payer au saloon Abel se sert d’un rubis. Erreur et il doit jouer du sabre, rapporte le vin à Lilith qui le remercie à sa façon très charnelle. Caïn poursuit sa quête pour sauver sa jeune compagne d’un mal inconnu. Abel et Lilith découvrent un temple casino dans la plaine. Lilith perd au jeu toute la fortune d’Abel et ils doivent payer avec le cœur de la morte qu’ils transportaient. Le casino est attaqué par le Colonel et ils sont capturés, torturés. Le Colonel remet le cœur dans la poitrine de la morte.
On ne peut pas dire que dans ce dernier épisode Alejandro Jodorowsky face dans la nuance. Violence à tous les étages. Dieu est quand même dans le coup et il faut sauver la copine malade de Caïn en froid avec son paternel. Lilith se transforme en momie et Abel est en colère. Cause commune des deux frères ce qui fait tout le sel de cette fin avec pour objectif général de pouvoir accéder à l’Île Sainte. On est dans un western en de nombreux points, décors, ambiances , héros, mais du sanglant. Une part de fantastique évidemment, du mystique, et du cadavre à la pelle. Bon, on aura prévenu, pour public averti qui se souvient aussi ce ce qui s’est passé entre Caïn et Abel dans la Bible. Haine et amour, le fond de cette fable de la rédemption superbement dessinée par José Ladrönn en trois bandes par page pour mieux jouer avec l’esthétisme cinématographique.
Les Fils d’El Topo, Tome 3, AbelCaïn, Glénat, 19,50 €
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